Gaspillage alimentaire : un élu veut mettre la restauration collective à contribution

Afin de lutter contre le gaspillage alimentaire, une loi interdit en principe les supermarchés de détruire de la nourriture consommable. Un élu souhaiterait une mesure similaire pour la restauration collective.

Un député recommande de \"généraliser le don de repas préparés mais non servis aux associations de solidarité\".
Un député recommande de "généraliser le don de repas préparés mais non servis aux associations de solidarité". (VOISIN / PHANIE / AFP)

"Chacun de nous jette 20 à 30 kg de nourriture par an, dont 7 kg de produits toujours emballés." Le député de la Mayenne Guillaume Garot veut accélérer la lutte contre le gaspillage alimentaire. Déjà auteur d'une loi ciblant les supermarchés, en 2016, l'élu socialiste veut mettre désormais la restauration collective à contribution. Il recommande notamment de "généraliser le don de repas préparés mais non servis aux associations de solidarité", dans une liste de 23 propositions transmises au gouvernement.

Cette ambition, qui va nécessiter "des moyens logistiques importants", sous-entend de "respecter les prescriptions sanitaires", souligne Guillaume Garot, qui espère "faire avec la restauration collective ce que nous sommes en train de réussir à faire avec les grandes surfaces". La loi de 2016 a posé le principe de l'interdiction pour les grandes surfaces de détruire de la nourriture consommable. "Le volume des dons [aux associations de solidarité] a augmenté de façon significative, assure le député, qui évoque une hausse "de 20 à 25%".

Un gaspillage à 16 milliards d'euros

Autre proposition : créer dans le primaire et le secondaire "un parcours éducatif à l'alimentation et à la lutte contre le gaspillage". S'il y a des initiatives prises par des établissements, souvent sur le temps non scolaire, avec les collectivités locales, Guillaume Garot propose que la lutte contre le gaspillage alimentaire "rentre à l'école", où existe déjà un parcours éducatif santé depuis la rentrée 2016. Une autre proposition vise à créer "un label contre le gaspillage alimentaire", que ce soit pour un restaurant, un maraîcher ou une grande surface.

Le pays gaspille néanmoins encore l'équivalent de 16 milliards d'euros chaque année. Guillaume Garot voudrait diviser cette somme par deux. "Aujourd'hui, plus d'un tiers de la production alimentaire totale sur la planète est perdu, jeté, gaspillé chaque année, rappelle l'élu socialiste. "Nous sommes sept milliards d'êtres humains aujourd'hui, nous serons neuf milliards en 2050. Si vous voulez nourrir neuf milliards d'individus avec la même planète, il faut commencer par ne plus gaspiller."