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Vous en parlerez aujourd'hui. Quand Richard Ferrand met les nerfs de la Suisse à vif à cause du RIC

L'ancien maire de Genève a relayé sur Twitter des propos de Richard Ferrand critiquant la votation populaire suisse. En plein débat sur le RIC, le référendum d'initiative citoyenne, la polémique enfle des deux côtés des Alpes. 

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Le président de l\'Assemblée Nationale Richard Ferrand le 11 décembre 2018.
Le président de l'Assemblée Nationale Richard Ferrand le 11 décembre 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)

À révolte hors norme, conflit diplomatique hors norme. Les "gilets jaunes" vont-ils provoquer une crise entre la France et la Suisse ? Il est vrai, quand on parle des "gilets jaunes", qu'on ne pense pas tout de suite à la Suisse. C’est comme réaliser un sujet sur le RMI en faisant un micro-trottoir à Neuilly : on est hors sol.

Mais là, avec cette demande de plus de citoyenneté et ce fameux référendum d’initiative citoyenne, nous sommes au bord du volcan entre Berne et Paris. En effet quand on parle de consultation citoyenne, on pense tout de suite à l’Helvétie qui a pris l’habitude de consulter ses citoyens depuis 1848. 600 votations sur les sujets les plus divers. Par exemple en 2018 : faut-il plus de voies cyclables, de fiscalité, plus de subventions pour les vaches à cornes ? 

Des propos tenus en juillet

Plus de démocratie mais également plus de populisme avec la percée de mouvements xénophobes, plébiscitant cet exercice. Le débat dans le débat du débat qui fait débat et ça... ça alimentera les débats. Lundi dernier, France 3 diffuse  un sujet sur la question et ressort cette phrase de Richard Ferrand sur les référendums suisses à l’Assemblée nationale : "Tout à l'heure quelqu'un vantait la grande démocratie cantonale helvétique. Reprenez les thèmes qui sont soumis : c'est très souvent le fait de quelques cliques affairistes et de quelques lobbyistes -qui d'ailleurs, à la fin des fins sont souvent démasqués".

Ce soir là, Guillaume Barrazone , ancien maire de Genève, était devant sa télé et s’est étranglé en entendant ces propos. Il tweete alors "Honte à vous @RichardFerrand !- ignare - “. Sur ces entrefaites, Richard Ferrand était ce soir-là devant Twitter. Il répond, dément et invoque la fake news.

Il s'agit en réalité d'une demi fake news. Car oui, Richard Ferrand est bien l’auteur de ces propos, mais c’était le 16 juillet dernier quand l’idée de référendum d’initiative citoyenne était rejetée à l’Assemblée nationale, et non pas cette semaine. La presse suisse enchaîne et La Tribune de Genève, dans sa version numérique, n’hésite pas à titrer "Gros Pataquès Français sur la démocratie directe suisse." Oui, "Pataquès" est employé. On espère que Richard Ferrand aura le courage de dire aux Suisses : "mais quel tohu-bohu ! Diantre brisons là !"

Cette histoire est à la fois composée de revirement politique français et d’orgueil national suisse, et continuera à alimenter les gazettes des deux côtés des Alpes. La dernière fois que la France s’est battue contre des mercenaires suisses, c’était Marignan. 2018 aussi simple à retenir que 1515. 

Le président de l\'Assemblée Nationale Richard Ferrand le 11 décembre 2018.
Le président de l'Assemblée Nationale Richard Ferrand le 11 décembre 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)