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Vous en parlerez aujourd'hui. Mise en examen pour trahison : l'étrange affaire de l'espion qui venait du Sénat

Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, Benoit Quennedey, haut fonctionnaire du Sénat, mis en examen, soupçonné d'avoir fourni des documents confidentiels à la Corée du Nord, un motif de trahison particulièrement rare en droit français sauf cas d'espionnage. 

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Benoit Quennedey, haut fonctionnaire du Sénat, mis en examen et soupçonné d\'avoir fourni des documents confidentiels à la Corée du Nord
Benoit Quennedey, haut fonctionnaire du Sénat, mis en examen et soupçonné d'avoir fourni des documents confidentiels à la Corée du Nord (STR / AFP)

Il y a les "gilets jaunes" d’un côté et l’espion rouge de l’autre. On apprenait jeudi 29 novembre au soir qu'un haut fonctionnaire du Sénat, Benoit Quennedey, avait été mis en examen pour trahison par livraison d'informations à une puissance étrangère. Il est soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles à la Corée du Nord. Tout y est : politique, Corée du Nord, fonctionnaire obscur, et ce motif de mise en examen : "trahison par livraison d’information à une puissance étrangère". Comme un hommage au centenaire de la Première Guerre mondiale. Comme un pont entre l’affaire Dreyfus et Jason Bourne.

Autant vous dire que ce genre de mise en examen pour trahison est assez rare, même si ça fait près de deux ans que François Hollande demande d’inculper Emmanuel Macron sous ce motif. Depuis 1984, et l’abrogation de l’ancien Code militaire par le Garde des sceaux Robert Badinter, la notion de trahison de son pays est intégrée au Code pénal. Jusqu’alors, quiconque  "entret[enait] des intelligences avec l’ennemi dans le but de favoriser ses entreprises" était passible "de mort, avec dégradation militaire". Aujourd’hui, c’est trente ans de réclusion. Le crime de haute trahison existe pour les présidents de la République et les chefs de l’État. Ça a été le cas de Philippe Pétain lors de son procès en 1945. Certains voulaient que ce soit appliqué au terrorisme mais ce n’est pas le cas. 

Un scénario de film

Ils sont nombreux dans l’histoire de France à avoir été accusé de trahison et haute trahison. Alors Benoit Quennedey - Louis XVI, même combat ? Pas vraiment en fait. Aujourd’hui, la trahison à son pays a changé. Elle est encore plus définie qu’auparavant et ne concerne principalement que les faits d‘espionnage. Ce qui est étonnant d’ailleurs, c’est que désormais ces affaires sont médiatisées. Ainsi en mai dernier on apprenait que deux agents de la DGSE avait été mis en examen pour les même raisons en 2017 et là, cette affaire. Comme s'il était important de dire à la population "oui on nous trahit, mais au final nous arrivons à les arrêter".

Juste une chose, y aura-t-il un jour, un film sur cette affaire ? Benoit Quenneday est arrêté en sortant d’un train en provenance de Dijon. Lui, administrateur de la Direction de l'architecture, du patrimoine et des jardins du Sénat, en charge de la division administrative et financière et auteur d’un livre sur la Corée du Nord qui aurait fourni des infos sur le Sénat, peut être sur Gérard Larcher. Le prochain James Bond risque d’être assez surprenant  

Benoit Quennedey, haut fonctionnaire du Sénat, mis en examen et soupçonné d\'avoir fourni des documents confidentiels à la Corée du Nord
Benoit Quennedey, haut fonctionnaire du Sénat, mis en examen et soupçonné d'avoir fourni des documents confidentiels à la Corée du Nord (STR / AFP)