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Vous en parlerez aujourd'hui. En Belgique, 27 personnes touchent encore une prime pour "fidélité, loyauté et obéissance" à l'Allemagne nazie

Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la pension voulue par Adolf Hitler que l'Allemagne continue à verser.

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Un bureau d\'engagement pour les Waffen-SS en Belgique, en juillet 1941.
Un bureau d'engagement pour les Waffen-SS en Belgique, en juillet 1941. (BERLINER VERLAG / PICTURE ALLIANCE VIA GETTY IMAGES)

En 1941, Adolf Hitler promet une pension à vie pour tous les étrangers qui s'engagent aux côtés de l’armée allemande. 75 ans après, cette somme est toujours versée dans certains pays, et notamment en Belgique où les députés ont décidé de mettre un terme à cette pratique. En effet, 27 personnes vivant en Belgique touchent encore une pension complémentaire versée pour "fidélité, loyauté et obéissance" à l'Allemagne naziegarantie par Adolf Hitler. Cela paraît totalement surréaliste est pourtant, c'est vrai.

Mardi 19 février, les députés belges ont adopté une proposition de résolution demandant au gouvernement belge de se rapprocher du gouvernement allemand, afin d’obtenir la liste des citoyens belges touchant une pension pour collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce n’est pas la première fois que la Belgique se penche de cette manière sur son passé, mais l’Allemagne n’a jamais voulu transmettre la liste des noms aux autorités belges. On estime que 38 000 Belges ont bénéficié de cette pension depuis 1945. Assez en pointe sur le sujet, le quotidien flamand De Morgen révèle en 2010 les travaux d’un chercheurs qui s’est intéressé aux bénéficiaires des pensions de l’État allemand. 13 500 pensions : des déportés, des travailleurs forcés, des veuves... mais aussi des collaborateurs. Une somme d’un montant de 425 à 1 275 euros par mois leur est versée car, à l’époque, ils ont choisis de ce battre au côté de l’Allemagne contre leur pays.

Optimisation fiscale

Ça intrigue, ça révolte mais on peut aller plus loin en rajoutant à la mémoire douloureuse une petite pointe du cynisme. En effet, si l’État belge ne connait pas le nom de ces bénéficiaires, il ne peut pas les taxer, depuis 75 ans. Avoir combattu pour l’Allemagne nazie n’est pas une affaire politique ou militaire, c’est également une démarche d’optimisation fiscale.

Ces pensions ne concernent pas que les Belges. Ils ont été nombreux, ces étrangers à se battre au côté des nazis sur le front de l’Est. En 2016, on apprenait que le gouvernement allemand versait toujours des indemnités aux anciens de la division Azul, les volontaires espagnols de l’époque. Une contrepartie après que Franco a dédommagé les familles des aviateurs allemands de la légion Condor ayant lutté à ses côtés pendant la guerre d’Espagne.

En France, des pensions étaient versées jusque dans les années 90 aux anciens de la division Charlemagne avant d’y mettre un terme. Une histoire qui nous montre que l’Europe est un continent plein de fantômes prospérant dans l’ombre. Il est temps de rallumer quelques lumières.  

Un bureau d\'engagement pour les Waffen-SS en Belgique, en juillet 1941.
Un bureau d'engagement pour les Waffen-SS en Belgique, en juillet 1941. (BERLINER VERLAG / PICTURE ALLIANCE VIA GETTY IMAGES)