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Les "foulards rouges" répondent aux "gilets jaunes" : la manifestation qui fait grincer la majorité

C'est l'autre majorité silencieuse, les "foulards rouges". Pour répondre aux violences, trois collectifs appellent à manifester dimanche à Paris. Au départ pro-Macron, ce rassemblement se définit aujourd'hui comme apolitique mais inquiète l'exécutif. 

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Manifestation d\'une vingtaine de \"foulards rouges\", groupe d\'opposition aux \"gilets jaunes\", rue de la République où ils déposent des fleurs blanches, le 7 décembre 2018.
Manifestation d'une vingtaine de "foulards rouges", groupe d'opposition aux "gilets jaunes", rue de la République où ils déposent des fleurs blanches, le 7 décembre 2018. (SOUILLARD BRUNO / MAXPPP)

Dimanche 27 janvier à Paris, entre la place de la Nation et la place de la Bastille, aura lieu "la marche républicaine des libertés", une manifestation contre "le chaos dans lequel est plongé le pays depuis deux mois", disent ses organisateurs, afin de "laisser la majorité silencieuse s’exprimer". Oui, parce que il y aurait plusieurs majorité silencieuse et contre les violences.

Alors, je sais ce que vous vous dites.  Samedi "gilets jaunes", dimanche "foulards rouges", mais où casez son brunch dans le week-end ? Non, la question que tout le monde se pose c'est : rassemblement pro-Macron ou rassemblement apolitique ?  Son instigateur, Laurent Soulié, insiste sur le côté non politisé de ce rassemblement, tellement apolitique que lorsqu’il lance l’idée en décembre cela s’intitule "marche citoyenne pour soutenir le président de la République", sûrement une coquille. Laurent Soulié est lui sympathisant d’En Marche mais pour rassembler un maximum de monde il faut étendre.

Les chiffres de la participation inquiètent le gouvernement

Cette marche, qui se veut  sociologiquement aussi vaste qu’une manifestation de "gilets jaunes", se fait à l’appel de trois collectifs. Les "foulards rouges", les "gilets bleus" et "Stop maintenant ça suffit !", tous ont émanés après les premières violences survenues en marge des rassemblements de "gilets jaunes". Au départ chacun dans son coin, ces trois collectifs ont décidé de se réunir pour tenter de peser, au grand dam du gouvernement. En effet, l’éxécutif n’est pas très chaud concernant ce rassemblement. Comment appeler à un grand débat si on se lance dans des exercices de comparaison de foules ? Au sein du groupe LREM, on fait passer la consigne de ne pas y aller. Certains députés braveront cet interdit à titre personnel. Début janvier, Jean-Michel Blanquer avait évoqué le fait de fouler le pavé également. Quand à Gilles Le Gendre, président du groupe LREM, il à déclaré "que si il y allait , il ne le dirait pas". Il ne croit pas du tout à cette nouvelle invention que l’on appelle la caméra je crois. En fait, la principale peur de la majorité, c’est le nombre de participants. 

L’événement auquel on pense quand on parle de rassemblement en soutien au chef de l’Etat, c'est à la marche pro De Gaulle du 30 mai 1968 qui avait réuni un million de personnes. Même si le mouvement à pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, les organisateurs de "la marche républicaine des libertés" du 27 janvier 2019 n’attendent aucun chiffre mais sur Facebook 10 000 personnes ont déjà annoncé leur venue. Samedi dernier, 84 000 personnes ont défilé en "gilets jaunes", dont 5 000 à Paris. Ce week-end entre "foulard rouges" et "gilets jaunes", ce sera la fashion week de la colère. 

Manifestation d\'une vingtaine de \"foulards rouges\", groupe d\'opposition aux \"gilets jaunes\", rue de la République où ils déposent des fleurs blanches, le 7 décembre 2018.
Manifestation d'une vingtaine de "foulards rouges", groupe d'opposition aux "gilets jaunes", rue de la République où ils déposent des fleurs blanches, le 7 décembre 2018. (SOUILLARD BRUNO / MAXPPP)