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Une journée mondiale de la malbouffe : mal manger peut nous tuer

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Tous les jours cet été, franceinfo et la Rédaction internationale de Radio France vous font découvrir une journée mondiale. Une cause, un animal, une pratique à travers le monde... Mardi, c'est la journée de la malbouffe. Un jour de plaisir qui sensibilise malgré tout au danger de la "junk food".

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Radio France
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Burgers et frites sont les symboles de la malbouffe et des fast food. (SYLVIE CAMBON / MAXPPP)

Cette journée de la malbouffe est née aux États-Unis. On ne sait pas quand, ni à l’initiative de qui, mais son objectif est sans équivoque : ce 21 juillet est un jour de bâfrerie, de trop gras, trop salé et trop sucré, de transgression, de plaisirs coupables sans la culpabilité. C’est le jour dans l’année où l’on vous encourage à enchaîner double cheese et gâteaux apéros, frites avec ketchup et mayo, milkshake et coca sans zéro.

L’alimentation, première cause de mortalité au monde

De cette orgie de calories surgira alors peut-être une prise de conscience : mal manger peut nous tuer. L’alimentation est aujourd’hui la première cause de mortalité au monde, entraînant maladies cardiovasculaires, cancers ou encore diabète. Selon une étude publiée en 2017 dans la revue The Lancet, chaque année 11 millions de personnes meurent d’une mauvaise alimentation. C’est trois millions de plus que pour le tabac.

La "junk food" conduit à l’obésité. Deux adultes sur cinq sont concernés aux États-Unis, soit 40% de la population. Le Mexique, la Nouvelle-Zélande et la Hongrie sont les autres pays les plus touchés, tandis qu’au bas de l’échelle des pays de l’OCDE, on trouve le Japon, la Corée, l’Italie et la Suisse. En France, huit millions de Français sont atteints d'obésité.

Le phénomène a triplé en quarante ans et atteint aujourd’hui les proportions d’une épidémie mondiale. De leur côté, les coûts de protection de la santé et de baisse de la productivité, directement causés par l’obésité, s’élèveraient à quasiment 3% du PIB mondial.

La Norvège, le seul pays qui taxe (vraiment) le sucre

Pour lutter contre la malbouffe, le bon vouloir des industriels est rarement suffisant. Certains pays comme la France, le Portugal ou l’Afrique du Sud ont imposé une taxe sur les sodas. Mais la Norvège est allée plus loin : à deux reprises ces deux dernières années, le pays a relevé sa taxe sur le sucre, déjà taxé depuis 1922. Cette fois : 83 % d’augmentation sur les chocolats et la confiserie.

Les consommateurs ont d’abord beaucoup grogné contre le coût exorbitant des sucreries et des sodas, devenus quasiment des produits de luxe, mais les résultats sont là : la consommation de sucre dans le pays est passée de 43 kilos par personne et par an en 2000, à 24 kilos en 2019. Il y a par ailleurs beaucoup moins d’enfants obèses en Norvège qu’au Royaume-Uni, là où la consommation de sucre augmente sensiblement. Un sur six dans le royaume scandinave, un sur trois outre-Manche.

Le pays qui se mange

Un autre pays nordique a lui récemment relancé une pratique millénaire : pour se nourrir sainement, il suffit de prendre ce que la nature nous offre. Dans une dizaine de lieux à travers la Suède, on vous encourage à cuisiner tout ce que vous auriez pu cueillir, récolter, ramasser ou pêcher sur place, pour apprendre à se régaler de poisson cuit aux champignons, de chips d’orties ou de fraises sauvages. Une campagne de promotion hérité d’une longue tradition suédoise, baptisée : "le pays qui se mange". Loin, très loin du concept McDonald's.

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