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Quel avenir pour les bases militaires françaises en Afrique ?

La question reste en suspens après les annonces faites par Emmanuel Macron ce lundi sur sa politique en Afrique. Le chef de l'État a promis une diminution visible des effectifs militaires, dans des installations "cogérées" avec les pays africains.
Article rédigé par Bertrand Gallicher
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, salue un soldat français lors de sa visite au Niger, le 15 juillet 2022. (BERTRAND GUAY / AFP)

Emmanuel Macron a prôné "l'humilité" et "la responsabilité" de l'action de la France en Afrique, lundi 27 février, à Paris, lors d'une conférence de presse sur sa nouvelle politique africaine. Sur le plan militaire, le président a fait état d'une "diminution visible" des effectifs militaires français en Afrique "dans les prochains mois", ce qui interroge sur les nouvelles missions des soldats français en Afrique et sur les objectifs poursuivis par la France.

La décision de maintenir mais aussi de réduire et de transformer les bases françaises en Afrique correspond bien à la politique du "en même temps" chère à Emmanuel Macron. C'est un arbitrage entre les militaires français, favorables à leur maintien, et certains diplomates opposés à cette présence qui complique leurs relations avec les États africains. 

Plus de 4 000 militaires présents sur place

En Afrique de l'Ouest, la principale base se trouve en Côte d'Ivoire près d'Abidjan où stationnent 900 hommes, le Sénégal et le Gabon accueillant chacun 350 militaires. S'y ajoutent plus de 2.500 soldats répartis entre le Niger et le Tchad, après le départ des forces françaises du Mali et du Burkina. 

Emmanuel Macron n'a pas précisé lundi 27 février la proportion de troupes en moins et à quelle échéance. Le président s'est contenté de parler de "diminution visible des effectifs" dans des installations rebaptisées, transformées pour certaines en académies et pour d'autres en bases gérées en partenariat avec des pays africains. 

Un virage politique majeur 

La présence militaire de la France en fait un bouc émissaire idéal et génère un sentiment anti-français réel en Afrique, alimenté par des puissances étrangères telles que la Russie, mais aussi par des régimes en place, comme au Mali et au Burkina, ou par leurs opposants. Depuis des décennies, les accords de défense sont considérés par certains chefs d'État africains parfois peu fréquentables comme une garantie que leur donne Paris pour rester au pouvoir. Emmanuel Macron espère lever cette ambiguïté, c'est le sens de sa formule "la France n'est pas une assurance-vie au règlement des problèmes politiques des différents pays".

Cette annonce sonne comme un désengagement car, au-delà des mots, il s'agit bien d'un retrait partiel. La répercussion à venir sera une perte d'efficacité et d'influence sur le terrain, même si Paris promet de former des soldats africains et de mieux les équiper, les délais et les résultats sont incertains. Preuve que la France se résigne à ne plus jouer le même rôle dans cette partie de l'Afrique de l'Ouest, le président Macron se garde bien de réserver le même principe de partenariat à la grande base française de Djibouti avec ses 1 500 hommes, une installation majeure pour le projet de politique indopacifique de l'Elysée.

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