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Nouvelle-Zélande : la douane peut désormais exiger le mot de passe de vos appareils électroniques

Tous les jours dans "un monde d'avance", franceinfo donne un coup de projecteur sur une actualité à l’étranger restée "sous les radars" et qui pourrait nous échapper… Aujourd’hui, direction la Nouvelle-Zélande, où les douaniers peuvent désormais réclamer le mot de passe des appareils électroniques. 

L\'aéroport d\'Auckland, en Nouvelle-Zélande. 
L'aéroport d'Auckland, en Nouvelle-Zélande.  (REINHARD KAUFHOLD / DPA - ZENTRALBILD)

La loi est entrée en vigueur cette semaine en Nouvelle-Zélande. Elle autorise désormais les agents des douanes à vous demander votre mot de passe, votre empreinte digitale, ou le code PIN de votre carte SIM pour pouvoir accéder au contenu de votre téléphone, de votre tablette, ordinateur portable, ou encore de votre appareil photo.

Il est interdit de refuser de donner ses codes

Si vous refusez de donner vos codes, c'est une amende : 5 000 dollars néo-zélandais, soit environ 2 800 euros, et vous risquez aussi la saisie de vos appareils. Pour les autorités, c'est une question de sécurité intérieure, il s'agit de clarifier le rôle des douaniers qui soupçonnent une infraction d'ordre criminel ou terroriste. Ils ont d'ailleurs l'obligation de vous dire ce dont ils vous soupçonnent avant de commencer à fouiller vos données.  

Une mesure mal acceptée

L'autorité néo-zélandaise qui veille au respect des libertés individuelles a publié vendredi 5 octobre un communiqué dénonçant des pouvoirs "excessifs" et "disproportionnés" qui entraînent de "graves atteintes" à la vie privée, autant pour le propriétaire de l'appareil que pour ceux qui ont communiqué avec lui. Parce que toute notre vie est aujourd'hui accessible à travers nos mails, nos photos, nos contacts, ou encore nos dossiers. Les douaniers minimisent en expliquant qu'ils recherchent uniquement sur l'appareil sans aller sur le cloud où sont hébergées de nombreuses informations et assurent qu'ils ne conservent pas le mot de passe et ne modifient pas vos données

Une situation qui, dans les faits, existe déjà. L'an dernier, les douanes néo-zélandaises ont fouillé 537 appareils électroniques. Un chiffre relativement faible à mettre au regard des quelques quatre millions de touristes qui ont fait le voyage vers l'archipel. Les douaniers assurent d'ailleurs qu'ils sont loin d'être les seuls à avoir ce genre de pratique, mais c'est la première fois que la loi l'évoque de manière explicite.  

Situation similaire en Israël

Sur les vols à destination d'Israël par exemple, il est assez fréquent avant l'embarquement de voir les officiers des douanes ou les services de renseignements demander un accès à votre téléphone pour vous interroger sur vos contacts. Ils ont toute latitude pour évaluer si vous représentez un risque et pour éventuellement vous interdire de territoire. Aux États-Unis, il y a eu un débat l'an dernier, l'ancien ministre de la Sécurité intérieure, John Kelly, suggérait qu'il serait sans doute nécessaire d'avoir accès aux réseaux sociaux de tous les étrangers souhaitant entrer sur le territoire américain. Une façon pour les agents frontaliers de ne pas se contenter de vos réponses mais de les vérifier. Sa proposition avait évidemment suscité un tollé, les ONG dénonçant une attaque directe aux droits fondamentaux sous couvert de lutte anti-terroriste.  

Dans l'hexagone, les douaniers ne peuvent rien vous demander. C'est uniquement s'ils constatent une infraction qu'ils peuvent se rendre à votre domicile et copier le disque dur de votre ordinateur. Malgré tout, depuis la décision du gouvernement néo-zélandais on voit fleurir sur internet des dizaines et des dizaines de conseils avisés pour vous aider à protéger au maximum vos données. Le plus simple étant sûrement de revenir au bon vieux téléphone portable première génération !

L\'aéroport d\'Auckland, en Nouvelle-Zélande. 
L'aéroport d'Auckland, en Nouvelle-Zélande.  (REINHARD KAUFHOLD / DPA - ZENTRALBILD)