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La Chine a exporté plus de 200 milliards de masques l'an dernier

Le ministère du commerce chinois vient de dresser le bilan de ses exportations liés à la pandémie de Covid-19 : les masques, les trousses médicales, etc. Et c’est énorme.

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Un ouvrier fabrique des masques médicaux dans un atelier d\'une entreprise qui produit des équipements de protection médicaux à Jishou (Chine), le 28 janvier 2021.
Un ouvrier fabrique des masques médicaux dans un atelier d'une entreprise qui produit des équipements de protection médicaux à Jishou (Chine), le 28 janvier 2021. (STR / AFP)

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la Chine a fait des affaires. Les masques chirurgicaux d’abord : la Chine en a exporté 220 milliards l’an dernier contre le Covid-19. C'est le chiffre officiel du ministère du Commerce à Pékin, rendu public vendredi 29 janvier. Si on ramène cette statistique au nombre d’êtres humains vivants en dehors de Chine, donc les seuls concernés par les exportations, cela fait en moyenne 40 masques chinois par être humain.

Le pays a également exporté plus de deux milliards de combinaisons de protection et plus d’un milliard de trousses médicales contre le virus. L'économie chinoise, "l'usine du monde", a été portée l’an dernier par la production d’équipements contre la pandémie. C’est ce qui a permis à la Chine d’être la seule grande économie mondiale à conserver de la croissance en 2020. La Chine s’est même retrouvée l’été dernier en surcapacité de production sur les masques. Elle a fabriqué jusqu’à 200 millions de masques par jour, dans plus de 75 000 entreprises. Sauf que passé la première vague, d’une part l'épidémie a reflué sur le sol chinois où le port du masque n’est plus obligatoire aujourd’hui dans de nombreux endroits, d’autre part la production locale de masques a augmenté ailleurs dans le monde. Conséquence : des centaines d'entreprises chinoises ont fermé en quelques semaines.  

Le succès des vaccins chinois

Le phénomène n’a pas la même ampleur avec les vaccins que pour les masques, mais il existe. Il est peu visible d'Europe de l'Ouest où on privilégie les vaccins fabriqués en Occident, Pfizer, Moderna, Astra Zeneca, demain Novavax ou Janssen.

Mais il n'est pas besoin d’aller bien loin pour trouver les vaccins chinois : dans les Balkans ou en Europe de l’Est. En Serbie, la vaccination avec le Sinopharm chinois a débuté il y a dix jours. La Chine a envoyé dix millions de doses à la Serbie, plus que le nombre d’habitants du pays. En Hongrie, pourtant membre de l’Union Européenne, le premier ministre, le très controversé et populiste Viktor Orban, annonce aussi son intention de privilégier le vaccin chinois.

Même chose dans plusieurs pays d’Afrique : les Seychelles vaccinent avec Sinopharm depuis trois semaines. Vaccin chinois programmé également au Maroc, au Botswana, en Egypte, en République Démocratique du Congo. Ou bien au Moyen Orient à Bahreïn, aux Emirats Arabes Unis.

Un outil d'image et d'influence

Il faut dire que souvent la Chine propose des conditions très avantageuses : tarifs subventionnés, voire transferts de technologies avec mise en place de chaines de fabrication locale. Ce n'est pas uniquement un calcul économique, c'est une    stratégie plus large.

La Chine conforte ses positions dans les pays comme la Serbie qui sont des têtes de pont de son implantation commerciale via "les nouvelles routes de la soie". Et elle soigne son image. C'est aussi pour ça qu'elle a beaucoup médiatisé au printemps dernier, ses premières livraisons de masques. C'est une occasion de faire ce qu’on appelle du "soft power", de développer de l'influence, cette spécialité longtemps maîtrisée par les Etats-Unis.    

Un ouvrier fabrique des masques médicaux dans un atelier d\'une entreprise qui produit des équipements de protection médicaux à Jishou (Chine), le 28 janvier 2021.
Un ouvrier fabrique des masques médicaux dans un atelier d'une entreprise qui produit des équipements de protection médicaux à Jishou (Chine), le 28 janvier 2021. (STR / AFP)