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L'économie allemande au bord de la panne

La croissance a nettement ralenti l'an dernier chez nos voisins. L'industrie automobile est la première touchée.

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Vue de la mine à ciel ouvert d\'Hambach, dans l\'ouest de l\'Allemagne.
Vue de la mine à ciel ouvert d'Hambach, dans l'ouest de l'Allemagne. (INA FASSBENDER / AFP)

L'Allemagne est en train de s'enrhumer. Les indicateurs économiques sont tombés en pagaille mercredi 15 janvier chez nos voisins allemands. Le chiffre le plus flagrant est celui de la croissance : seulement 0,6% l’an dernier. C’est deux fois moins que l’année précédente. Et c’est deux fois moins aussi que la France par exemple. C’est le niveau le plus bas depuis six ans. À ce rythme-là, l’économie allemande va finir par entrer en récession. Le plus inquiétant pour nos voisins, c’est que ce net ralentissement touche le cœur, le disque dur économique : l’industrie et en particulier l’industrie automobile, qui représente à elle seule 5% de la valeur ajoutée créée dans le pays.

Le secteur automobile accuse une baisse de 11% en un an. Selon plusieurs rapports, des dizaines voire des centaines de milliers d’emplois sont menacés dans l’automobile et la sous-traitance automobile. C’est l’une des conséquences de la conversion accélérée des grands constructeurs (BMW, Volkswagen, Daimler) vers les véhicules électriques, dans le cadre du plan très ambitieux des autorités allemandes pour réduire drastiquement les émissions de dioxyde de carbone. Les principaux constructeurs ont d’ailleurs réclamé une aide financière à la chancelière Angela Merkel.

Les menaces de Donald Trump

Est-ce un ralentissement conjoncturel ou est-ce plus grave ? Difficile à dire. Mais l’économie allemande a quand même un problème de modèle. Pourquoi ? Parce qu’elle a basé son succès sur ses exportations, sur sa balance commerciale. Sur ce terrain, les nuages grossissent. La croissance mondiale ralentit globalement : 2,4% en 2019, c’est le plus bas niveau depuis la crise financière de 2008.

Les prévisions ne sont guère meilleures pour 2020, a fortiori sur fond de guerre commerciale déclenchée par Donald Trump. C’est l’autre source d’inquiétude : le président américain, qui vient de signer une trêve avec la Chine, a les Européens dans le viseur, en particulier les voitures allemandes. Il a toujours dit qu’il les trouvait trop nombreuses dans les rues américaines et il menace de taxer fortement les importations. Rien que sur l’automobile, les États-Unis accusent un déficit commercial de 26 milliards de dollars vis-à-vis de l’Allemagne. Berlin aurait donc beaucoup à perdre dans une guerre commerciale Europe/États-Unis.

Une grosse cagnotte budgétaire

Cela dit, évidemment, l'Allemagne reste et de loin la première économie européenne. Avec d’abord un chômage très bas (4%), des salaires plutôt en hausse, une consommation des ménages qui reste très soutenue et un secteur du bâtiment qui demeure en bonne santé.

Surtout, les bénéfices tirés de la balance commerciale font que l’Allemagne a des réserves : une grosse cagnotte. Environ 50 milliards d’euros d’excédent budgétaire l’an dernier, 60 milliards l’année précédente. Traditionnellement, la rigueur budgétaire est de mise à Berlin : on ne dépense que le nécessaire. Mais des voix commencent à s’élever aujourd’hui pour dire qu’il faut peut-être utiliser une partie de la cagnotte pour franchir cette mauvaise passe.

Vue de la mine à ciel ouvert d\'Hambach, dans l\'ouest de l\'Allemagne.
Vue de la mine à ciel ouvert d'Hambach, dans l'ouest de l'Allemagne. (INA FASSBENDER / AFP)