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L'Australie prise entre inondations et incendies

En l'espace de quelques heures, des pluies torrentielles et sans précédent se sont abattues sur Sydney et des dizaines de feux de forêt ont démarré dans la région du Queensland. Les phénomènes climatiques extrêmes s'accentuent en Australie.

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Vue aérienne des inondations dans le Queenlands le 6 avril 2017.
Vue aérienne des inondations dans le Queenlands le 6 avril 2017. (AFP PHOTO / QUEENSLAND FIRE AND EMERGENCY DEPARTMENT)

C’est l’été qui débute là-bas. Et il démarre par une série de catastrophes naturelles. Il y a d'abord la grande ville de Sydney, où vivent cinq millions d’habitants, au sud-est du pays. Mercredi 28 novembre au matin, elle a subi un déluge en l’espace d’une heure et demie. Plus de 100 millimètres de pluie, et même 140 dans certains quartiers. C’est davantage en 90 minutes que pour la totalité du mois de novembre, en temps normal à Sydney. Les pompiers de la ville parlent d’un phénomène qui ne se produit qu’une fois par siècle. En plus, les trombes d’eau sont tombées vers 8 heures du matin, au moment où tout le monde se rend au travail. Autant dire que les routes et les gares affichaient complet. Le bilan provisoire s’élève à 2 morts mais il aurait pu être beaucoup plus lourd. Et les dégâts sont considérables, des milliers de personnes sont privées de courant, il y a eu des dizaines d’accidents de la route, le toit de la gare de Town Hall s’est en partie écroulée, et plus de 100 vols ont été annulés à l’aéroport de Sydney.

Des incendies pendant la saison des pluies

Plus au nord, toujours en Australie, ce sont les incendies qui font rage : toujours sur la côte est, mais 1 500 kilomètres plus au nord, cette fois au-dessus de la ville de Brisbane, dans la région du Queensland, à peu près à la latitude de la Nouvelle-Calédonie. Mercredi 28 novembre, on dénombre pas moins de 140 incendies en cours, dont huit sont qualifiés de sérieux par les pompiers. Le plus important a déjà détruit 20 000 hectares de forêt. Des dizaines d’écoles ont été fermées et des milliers de personnes ont fui leurs maisons. La région a placé son niveau d’alerte incendie au stade "catastrophe", un stade jamais atteint dans le Queensland. Et pour cause, normalement, dans cette région, en ce début d’été, c’est la saison des pluies. Donc aucun risque d’incendie. Le mot "normal" ne veut donc plus rien dire, cette fois il pleut des trombes d’eau à Sydney, mais il ne pleut pas dans le Queensland beaucoup plus au nord, et dans cette zone des incendies, la météo annonce 40 degrés jeudi 29 novembre. Plus de 300 pompiers ont été dépêchés en renfort depuis les autres régions de l’Australie, mais l’été s’annonce donc très long dans le Queensland.  

L'impact du réchauffement

Et à l'heure où va débuter la COP24 en Pologne, il y a sans doute une relation avec le dérèglement climatique. Les scientifiques se refusent à faire un lien direct entre le réchauffement de la planète et tel épisode météorologique précis. Mais ce qui est évident en revanche, c’est le lien avec l’augmentation du nombre de phénomènes climatiques extrêmes. Et là, l’Australie est aux premières loges. Avec une multiplication des incendies et des pluies imprévues. La voilà, la nouvelle normalité. Les cinq dernières années figurent toutes parmi les sept plus chaudes jamais enregistrées dans le pays. Les scientifiques australiens sont catégoriques, ça ne va pas s’arranger. Et face aux inondations, ils préconisent des aménagements urbains importants : moins de routes, plus d’espaces verts. Là-bas aussi, avec ou sans gilets jaunes, on est donc en plein débat sur la voiture, l’écologie et le climat.    

Vue aérienne des inondations dans le Queenlands le 6 avril 2017.
Vue aérienne des inondations dans le Queenlands le 6 avril 2017. (AFP PHOTO / QUEENSLAND FIRE AND EMERGENCY DEPARTMENT)