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En Nouvelle-Zélande, la semaine de quatre jours à l'étude pour relancer l'économie

La Première ministre Jacinda Ardern se prononce pour cette mesure audacieuse afin de stimuler le tourisme.

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La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, donne une conférence de presse le 20 avril 2020.
La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, donne une conférence de presse le 20 avril 2020. (MARK MITCHELL / POOL)

Au moment où certains préconisent d’augmenter le temps de travail pour sortir de la récession, la Nouvelle-Zélande envisage donc de faire l’inverse. Jacinda Ardern, forte d’avoir maîtrisé l’épidémie sur le sol néo-zélandais, s’est prononcée mercredi 20 mai en faveur de plusieurs mesures visant à diminuer le temps de travail : la création de nouveaux jours fériés et la semaine de quatre jours. Dans un échange sur Facebook Live, la Première ministre y voit une solution pour dégager du temps libre, afin que les Néo-Zélandais fassent tourner l’industrie du tourisme, majeure pour l’archipel.

Comme partout, l’économie devrait fortement se contracter cette année : moins 5% pour le produit intérieur brut, et une forte hausse du chômage à 8 ou 9%. Pour Jacinda Ardern, il faut donc sauver le tourisme en permettant à la population de s’offrir, par exemple, des week-ends prolongés. Elle ajoute que ça limitera la pollution provoquée par les embouteillages des heures de pointe, juste avant ou juste après le travail. Et que ce serait une bonne nouvelle pour la santé mentale et la qualité de vie de tous les salariés.  

Cela dit, il n’y aura sans doute pas de loi : juste une incitation pour pousser les entreprises qui le peuvent à négocier avec les syndicats la semaine de quatre jours.  

Seulement 21 morts pour 5 millions d'habitants

La Première ministre néo-zélandaise est écoutée d’autant plus attentivement que son bilan est positif sur la gestion du virus. Jacinda Ardern, 39 ans, est l’un de ces leaders qui a marqué des points depuis deux mois. Le bilan est édifiant : seulement 21 morts et 1 500 personnes contaminées depuis le début dans ce pays de 5 millions d’habitants. C’est le résultat d’une politique claire et efficace : un confinement drastique et rapide, dès les premiers cas, et une transparence absolue, avec une conférence de presse quotidienne. Le pays affirme donc avoir maîtrisé la propagation de la maladie. On ne compte plus que 30 cas actifs de contamination.

La sortie du confinement s’est accélérée depuis la mi-mai : les personnes âgées, qui étaient cantonnées chez elles, ont été autorisées à sortir à nouveau. Les cafés ont pu rouvrir, à condition de maintenir la distanciation sociale et les gestes barrières. Même chose pour les écoles, lundi 18 mai. Et les déplacements sont désormais autorisés librement dans le pays. La prochaine étape, c’est la reprise des rencontres sportives et surtout donc le redémarrage des activités touristiques, d’où cette idée de la semaine de 4 jours.  

Un pari électoral en vue du scrutin de septembre

La Première ministre néo-zélandaise a aussi des arrière-pensées électorales parce que des élections législatives sont prévues en septembre prochain. Jacinda Ardern, dont le parti travailliste de centre gauche était en difficulté dans les sondages avant la pandémie, mise désormais sur sa bonne gestion de la crise pour remporter le scrutin. Les premières enquêtes lui semblent favorables. Et elle parait décidée à initier dans les trois prochains mois toute une série de réformes audacieuses : pas seulement sur le temps de travail, aussi sur le logement ou sur l’environnement.

Pour la Nouvelle-Zélande, il pourrait bien y avoir de fait un vrai contraste entre le "monde d’après" et le "monde d’avant".    

La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, donne une conférence de presse le 20 avril 2020.
La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, donne une conférence de presse le 20 avril 2020. (MARK MITCHELL / POOL)