En Espagne, la facture d'électricité baisse de 20% grâce au plafonnement des prix

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Une bonne nouvelle pour les consommateurs et les ménages en Espagne : dès ce mercredi 15 juin, leur facture d’électricité baisse en raison d’un blocage des prix obtenu par Madrid auprès de l’Union européenne.

Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une station de distribution d'électricité de la société espagnole Red Electrica à San Sebastián de los Reyes, près de Madrid (Espagne), en septembre 2021. (OSCAR DEL POZO / AFP)

Un nouveau tarif de l'électricité est entré en vigueur chez nos voisins espagnols mercredi 15 juin. Concrètement, le mégawatt heure passe de 214 euros à 165 euros. Autrement dit, pour un ménage qui avait jusqu’à présent une facture mensuelle de 100 euros d’électricité, le budget s'élève désorlais à 80 euros environ. C’est donc très significatif. La mesure concerne aussi bien les particuliers que les entreprises, mais pour en bénéficier immédiatement, il faut avoir un contrat indexé sur les prix. Cela concerne à peu près 11 millions de ménages espagnols, près de 40% d’entre eux. Les autres devront attendre le renouvellement annuel de leur contrat. La remise est plus forte si vous consommez pendant les heures creuses que pendant les heures pleines.

Cette mesure, qui entre également en vigueur au Portugal, a été autorisée pour presqu'un an, jusqu’au 31 mai 2023. Elle a été surnommée la "dérogation ibérique". Et elle a été accordée la semaine dernière par Bruxelles pour deux raisons, deux particularités de l’Espagne et du Portugal. D’une part, les deux pays sont un peu isolés géographiquement du reste de l’Europe, leurs interconnexions électriques avec le reste du continent sont donc insuffisantes et ils sont de ce fait plus sensibles aux variations de prix. D’autre part, leurs bouquets énergétiques sont composés pour l’essentiel d’énergies renouvelables. Il y avait donc une forme d’injustice à ce que l’Espagne et le Portugal subissent de plein fouet la hausse des prix du gaz.   

Une inflation proche de 10%

Le gouvernement espagnol a d’autant plus plaidé sa cause que l’inflation est très forte en Espagne. La hausse des prix est très élevée : 8,7% sur les 12 derniers mois. En mars, c’était même 9,8% sur un an, un record depuis près de 40 ans. Cette flambée ne concerne pas seulement l’énergie, elle touche aussi les carburants, les prix de l’alimentaire, comme en France mais en pire. Et les causes sont les mêmes : les soucis liés à la reprise d’activité post Covid et bien sûr la guerre en Ukraine.

Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, inquiet de la grogne sociale, a déjà pris plusieurs mesures pour limiter l’impact de l’inflation : primes à la pompe sur les carburants (une idée d’ailleurs reprise en France depuis), hausse du revenu minimum, prolongation des baisses d’impôts. Ce plafonnement des tarifs de l’électricité vient compléter le dispositif. Il devrait réduire d’un point le montant de l’inflation. 

Désaccords au sein de l'Union Européenne

Mais cette "dérogation ibérique" pose des questions pour les autres pays de l'Union. La fixation des prix au niveau européen n’est pas du goût de tout le monde. La question, en particulier, de l’indexation des prix de l’électricité sur ceux du gaz, fait débat. En plus de l’Espagne et du Portugal, l’Italie et la France plaident pour une réforme de ce système. Alors que les pays du Nord, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark ne veulent rien changer. Ils souhaitent privilégier de meilleures interconnexions énergétiques sur le continent et surtout plaider pour une politique de frugalité, de moindre consommation énergétique. Donc on est encore loin d’un accord européen structurel sur le sujet.    

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