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En Argentine, mobilisation en musique contre le président Macri

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À un mois et demi de l’élection présidentielle dans ce pays d'Amérique du Sud, les mobilisations de rue se multiplient contre le pouvoir libéral de centre-droit. Et elles prennent des formes originales.

Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Des manifestants ont installé un camp à Buenos Aires, le 12 septembre 2019. (EMILIANO LASALVIA / AFP)

L'Argentine est en train de basculer dans la crise sociale. Dernière initiative en date : les campements de rue, effectifs depuis mercredi 11 septembre dans plusieurs villes du pays, notamment dans la capitale Buenos Aires. Plusieurs milliers de manifestants bloquent l’avenue du 9-Juillet, dans le centre-ville, pour exiger l’instauration d’un état d’urgence alimentaire.

La dégradation économique est telle dans le pays que de nombreux Argentins, notamment des enfants, n’ont plus de quoi se nourrir. Dans ce pays de 45 millions d’habitants grand comme quatre fois la France, la pauvreté s’est accrue de 30% en un an. Dans l'après-midi du 11 septembre, cela a dégénéré en affrontements avec la police, lorsque les manifestants ont cherché à bloquer des lignes de bus. Mais ils sont toujours là. Et ils entendent rester au moins jusqu’au vendredi 13 septembre parce qu’entretemps, le Parlement argentin doit justement examiner un texte sur l’urgence alimentaire, texte proposé par l’opposition de centre gauche.

Une chanson en guise de ralliement

Il y a d’autres manifestations de rue, encore plus originales : ce sont des flashmobs contre le gouvernement. Les flashmobs, ce sont ces rassemblements convoqués à la dernière minute via les réseaux sociaux. En l’occurrence, ils sont organisés via Facebook, WhatsApp et Twitter, sous le slogan "Si vos queres", "Si tu le veux".

Tout est parti d’une chanson du même nom d’un groupe de cumbia (une sorte de salsa colombienne) baptisé Sudor Marika. Que disent les paroles ? "Je n’arrive pas à payer mon loyer, je ne sais plus quoi faire, etc. Si tu le veux, Macri s’est barré (c’est le président en place), tu peux aussi virer Larreta (c’est le maire de Buenos Aires)". Le rassemblement est donc annoncé à la dernière minute, avec le lieu.

Les gens arrivent et à l’heure dite, une sono lance la chanson, les gens dansent dessus pendant trois minutes. Et puis tout le monde se disperse. Il y en a déjà eu une quinzaine depuis deux semaines, et la prochaine semble vraisemblable vendredi 13 ou samedi 14 septembre.

La déroute économique du pouvoir libéral de centre droit

En fait c’est une sorte de meeting politique festif. Il s’agit d’inciter à voter contre le président sortant et pour l’opposition de centre gauche, lors de la présidentielle du 27 octobre prochain. Le candidat de gauche, Alberto Fernandez, part d’ailleurs grand favori. Il est soutenu par l’ancienne présidente Cristina Kirchner, figure très controversée dans le pays.

Fernandez bénéficie surtout de la déroute économique du libéral au pouvoir Mauricio Macri, qui a dû appeler à l’aide le Fonds monétaire international. L’Argentine aujourd’hui, c’est plus de 50% d’inflation : tous les prix ont augmenté de moitié en 12 mois. Le chômage flambe, les petits commerces ferment, etc. D’ici à la fin octobre, la tension pourrait donc monter fortement en Argentine.

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