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Dérive financière, corruption, pollution... Calgary dit non aux Jeux olympiques d'hiver 2026

Et une de plus ! Les habitants de la ville canadienne viennent de refuser par référendum d'organiser les JO 2026. Le CIO va peut-être avoir du mal à trouver l'organisateur de ces Jeux d'hiver.

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Des fans agitent le drapeau canadien lors des JO de 1988 à Calgary. 
Des fans agitent le drapeau canadien lors des JO de 1988 à Calgary.  (JONATHAN UTZ / AFP)

Toute la journée du mardi 13 novembre, les habitants de Calgary, soit un peu plus d’un million d’habitants dans l’Ouest du Canada, ont voté par voie électronique. C’était un référendum, ni plus ni moins, avec une question posée : êtes-vous favorable à ce que notre ville accueille les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en 2026 ?  Le taux de participation a atteint 40%, ce qui est honorable pour un référendum. Et le résultat: un non très net à 56,4%.

Les partisans des Jeux, pourtant, se disaient confiants après avoir dépensé 30 millions de dollars pour défendre le oui. Le maire Naheed Nenshi, un quadragénaire dynamique, était pour. La ville possède déjà une grande partie des infrastructures pour avoir accueilli les Jeux en 1988. Et malgré tout ça, patatras, c’est non dans les grandes largeurs. Les électeurs de Calgary ont estimé que le financement de l’affaire est incertain. Il manque encore sur le budget prévisionnel 250 millions d’euros. Et les habitants ont eu peur de la facture sur leurs impôts locaux. Le conseil municipal aura le dernier mot sur la candidature la semaine prochaine, mais vu le résultat du vote, il n’a guère le choix : il va jeter l’éponge.  

Une facture trop salée

C’est un épisode révélateur : les grandes villes hésitent de plus à plus à organiser les Jeux compte tenu de la facture. Et on commence à se demander, qui après Paris 2024, va organiser les Jeux d’hiver 2026. Parce que Calgary n’est pas la première ville ni le premier pays à se retirer : la Norvège, la Suisse avec Sion, l’Autriche avec Graz, le Japon avec Sapporo, tous ont laissé tomber. Trop cher.

Il ne reste plus que deux candidats : Stockholm en Suède, et Milan en Italie. Mais la candidature italienne a elle aussi du plomb dans l’aile parce que le gouvernement de Rome ne veut pas en entendre parler. Du coup, on dit que le CIO pourrait aller "draguer" Salt Lake City aux États-Unis pour les convaincre d’entrer dans la course.

L’addition est en effet de plus en plus salée. A Londres, le budget initial avait quasiment doublé, à Sotchi en Russie il avait triplé. Et pour les futurs Jeux de Tokyo 2020, il a déjà quadruplé par rapport aux estimations initiales. Ça pose forcément des questions pour 2024 à Paris.  

Corruption et dégâts sur l'environnement

Il y a aussi d’autres sujets qui inquiètent les candidats, notamment la corruption. Le Comité international olympique (CIO) a une très mauvaise image. Une ville candidate redoute de devoir payer des dessous de table pour obtenir les votes des membres du CIO. Et la corruption règne aussi ensuite dans l’organisation des Jeux. Par exemple, la justice brésilienne a ouvert plusieurs enquêtes à Rio.

Enfin, il y a un dernier paramètre à l’importance croissante et il est, lui aussi, dissuasif : c’est l’impact environnemental. Construction d’autoroutes, destruction de forêts comme en Corée du Sud à Pyeongchang. Dérive financière, corruption, pollution, ça fait beaucoup pour incarner l’idéal olympique.  

Des fans agitent le drapeau canadien lors des JO de 1988 à Calgary. 
Des fans agitent le drapeau canadien lors des JO de 1988 à Calgary.  (JONATHAN UTZ / AFP)