Crise ukrainienne : la Russie bénéficie du soutien de la Chine

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Pékin comprend les inquiétudes de la Russie et partage même son souhait de voir l'Ukraine rester en dehors de l'Otan, mais à aucun moment la Chine n’a évoqué et encore moins soutenu une possible intervention militaire.

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Le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping lors de leur rencontre à Pékin, le 4 février 2022. (ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK)

Ce soutien de la Chine a notamment été exprimé lors de la visite de Vladimir Poutine à Pékin, début février, au moment de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Les mots sont très importants en diplomatie. Pour la Chine, les préoccupations de la Russie sur l’Ukraine doivent être respectées, au même titre que les préoccupations des autres acteurs de la crise. C'est ce qu'a déclaré samedi 19 février le chef de la diplomatie chinois Wang Yi devant la conférence de Munich sur la sécurité. Autrement dit Pékin comprend les inquiétudes de Moscou et partage aussi sa principale demande, à savoir que l’Ukraine reste en dehors de l’Otan.

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La Chine se joint donc à la Russie pour demander à l’Alliance atlantique de ne plus admettre de nouveaux membres. L’Otan qualifié par la Chine, de legs de la guerre froide qui aurait du disparaître au moment de la chute de l’union soviétique. Voilà donc ce que dit Pékin et pas davantage. À aucun moment la Chine n’a évoqué et encore moins soutenu une possible intervention militaire de la Russie en Ukraine.

Les craintes des occidentaux

Le soutien du géant chinois fait peur, parce qu’il est nouveau et aussi inattendu. Les occidentaux y voient une remise en cause de l’ordre mondial qui prévaut depuis la fin de la guerre froide et qui permet de préserver le monde d’un conflit généralisé. La présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, estime que la Russie et la Chine cherchent à remplacer les règles internationales existantes, ajoutant que les deux pays préfèrent : "la règle du plus fort à la règle de droit et la coercition au lieu de la coopération." La présidente de l’UE fait comme si la Chine s’était prononcé pour une intervention armée, ce qui n’est pas le cas.

Et côté américain, l’analyse est encore plus poussée, avec un parallèle qui est fait entre l’Ukraine et Taïwan. Le commandant des forces aériennes des États-Unis dans le pacifique s’interroge sur le soutien de Pékin à Moscou, laissant entendre qu’une intervention armée en Ukraine pourrait donner des idées à la Chine, dans la zone indopacifique. Le général évoque la possibilité d’un geste provocateur, pour prendre le contrôle de plusieurs îlots disputés et pourquoi pas ensuite un peu plus loin pour prendre le contrôle de Taïwan.

L'Ukraine et les nouvelles routes de la soie

Néanmoins, même si Xi Jinping a qualifié Vladimir Poutine de vieil ami, en marge de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, est- ce que pour autant, au-delà des mots, la Chine est prête à aller plus dans son soutien sur le dossier ukrainien ? On sent les chinois très embarrassés. D’abord parce que l’Ukraine est un pays ami de Pékin, avec des relations commerciales importantes entre les deux pays et surtout les Ukrainiens font partie des nouvelles routes de la soie, un projet politico-économique qui est l’un des axes majeurs de la présidence de Xi Jinping. Un conflit armé en Ukraine pourrait remettre en cause une partie des infrastructures qui doivent permettre de renforcer les liens commerciaux entre Chine et Europe. Enfin pour les mêmes raisons commerciales, la Chine n’a pas envie de se laisser entrainer dans un conflit en Ukraine qui pourrait affecter ses relations déjà compliquées avec les États-Unis et l’Union européenne.

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