Crise entre la Russie et l'Ukraine : Vladimir Poutine ordonne à l'armée russe "de maintenir la paix" dans les territoires séparatistes

Après avoir reconnu l'indépendance des séparatistes prorusses, Vladimir Poutine a ordonné aux forces armées d'assurer "les fonctions de maintien de la paix sur le territoire" des "républiques populaires" de Donetsk et Lougansk.

Le président russe Vladimir Poutine au Kremlin, à Moscou, le 21 février 2022.
Le président russe Vladimir Poutine au Kremlin, à Moscou, le 21 février 2022. (ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Après avoir reconnu l'indépendance des régions séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, Vladimir Poutine a ordonné lundi 21 février à l'armée russe de "maintenir la paix" dans ces territoires. Les deux décrets du président russe demandent au ministère de la Défense que "les forces armées de la Russie (assument) les fonctions de maintien de la paix sur le territoire" des "républiques populaires" de Donetsk et Lougansk. Ce direct est désormais terminé. Le direct de mardi 22 février est à suivre ici.

 Emmanuel Macron demande des "sanctions ciblées" contre la Russie. Emmanuel Macron a "condamné" lundi 21 février cette décision de Vladimir Poutine, qu'il a tenté en vain de convaicre du bien-fondé de la voie diplomatique. Le chef de l'Etat demande par ailleurs "une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que l'adoption de sanctions européennes ciblées". La présidence française, qui pointe la "dérive idéologique" et le "discours paranoïaque" de Vladimir Poutine, n'exclut pas de nouveaux "faits militaires" russes. 

Cascade de réactions occidentales après la décision de Vladimir Poutine. Immédiatement après l'allocution de Vladimir Poutine, les dirigeants occidentaux ont "condamné" cette décision, comme l'a fait l'Otan. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé la reconnaissance de l'indépendance des régions séparatistes comme "une violation flagrante de la souveraineté" du pays et une "répudiation" des accords de paix de Minsk. Les dirigeants de l'Union européenne y voit également une "violation flagrante du droit international" et Paris affirme que l'Union européenne va prendre des sanctions contre des entités et des individus russes.

 Washington va imposer des sanctions aux régions séparatistes. Les Etats-Unis ont annoncé une heure après l'allocution de Vladimir Poutine qu'ils allaient prendre des sanctions contre les régions séparatistes prorusses, alors que la décision du président russe mérite une réponse "ferme" et "rapide", selon le Secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken. La Maison Blanche a aussi annoncé que les chefs d'Etat américain, français et allemand, Joe Biden, Emmanuel Macron et Olaf Scholz, se sont appelés peu avant 22h, heure de Paris. 

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #UKRAINE

23h44 : Entre vendredi soir et dimanche soir, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a dénombré plus de 3 000 violations du cessez-le-feu sur la ligne de contact du Donbass. Un pic a été observé samedi matin.



OSCE

23h42 : Vladimir Poutine a "fait un choix très clair de rompre ses engagements" et "n'a pas respecté la parole donnée" à Emmanuel Macron, a affirmé la présidence française, en n'excluant pas de nouveaux "faits militaires" russes.

23h42 : Vladimir Poutine est dans "une sorte de dérive idéologique" et a tenu lundi un discours mêlant des considérations "rigides et paranoïaques", a estimé l'Elysée en réaction à la décision du président russe de reconnaître l'indépendance des territoires séparatistes ukrainiens.

23h37 : Bonsoir . Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé la reconnaissance de l'indépendance des régions séparatistes en Ukraine par Moscou comme "une violation flagrante de la souveraineté" du pays et une "répudiation" des accords de paix de Minsk. Sa cheffe de la diplomatie, Liz Truss, a prévenu dans la foulée que la "violation" par la Russie de ses engagements internationaux ne resterait pas "impunie".

23h36 : On entend beaucoup la France, l'Allemagne et les Etats-Unis du côté des occidentaux, mais quid du Royaume-Uni ce soir ? Quelle réaction de Boris Johnson ?

23h22 : Toujours selon la même source, ces documents ont été transmis par le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, aux deux commissions parlementaires chargées de les examiner demain matin, avant ratification en séance plénière.

23h22 : Au-delà des deux décrets de reconnaissance d'indépendance, des traités précisent également les modalités "d'amitié et d'entraide" avec les deux républiques autoproclamées. Ces accords donnent le droit à Moscou d'utiliser les infrastructures et les bases militaires des territoires séparatistes, selon les documents publiés par RIA Novosti, et ces accords ont été conclus pour dix ans.

23h13 : "Les trois dirigeants sont d'accord pour dire que cette mesure unilatérale de la Russie constitue une violation claire des accords de Minsk."


Le chancelier allemand Olaf Scholz, le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. Ils ont estimé que la reconnaissance de l'indépendance des territoires séparatistes "ne resterait pas sans réponse", précise le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Hebestreit.

23h08 : Les décrets signés par Vladimir Poutine demandent au ministre de la Défense russe d'assumer "les fonctions de maintien de la paix sur les territoires" séparatistes de Donetsk et de Lougansk. Le calendrier du déploiement et son ampleur n'ont pas été annoncés dans ces documents, qui tiennent chacun en une page (et sont disponibles ici et , pour les russophones).



22h54 : "A la fin de son discours, Vladimir Poutine dit une chose très importante, c'est qu'à la moindre goutte de sang qui serait versé, à ce moment-là, la Russie interviendra. Il faut bien comprendre que ça n'est peut-être qu'une étape vers quelque chose de beaucoup plus inquiétant pour le reste de l'Ukraine."

"Le discours de Vladimir Poutine restera dans les annales comme un passage à quelque chose de nouveau", réagit sur franceinfo Julien Théron, spécialiste des conflits et de sécurité internationale et enseignant à Sciences-Po.

22h51 : Les deux décrets du président russe demandent au ministère de la Défense que "les forces armées de la Russie (assument) les fonctions de maintien de la paix sur le territoire" des "républiques populaires" de Donetsk et Lougansk.

22h51 : Vladimir Poutine ordonne à l'armée russe de "maintenir la paix" dans les territoires séparatistes prorusses d'Ukraine dont il a reconnu l'indépendance.

22h50 : Emmanuel Macron réitère, sur Twitter, sa demande d'une "réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies" ainsi que "des sanctions européennes".

22h27 : Marine Le Pen juge, dans un communiqué, que "la décision de Vladimir Poutine est un acte éminemment regrettable qui ne participe pas à la nécessaire désescalade des tensions" mais que "tout doit être fait pour retrouver la voie du dialogue afin d’assurer la paix en Europe". Voici également les commentaires d'Anne Hidalgo et de Christiane Taubira.

22h08 : "Le président de la République [Emmanuel Macron] condamne la décision prise par le président de la Fédération de Russie de reconnaître les régions séparatistes de l'est de l'Ukraine. Il s’agit clairement d'une violation unilatérale des engagements internationaux de la Russie et d'une atteinte à la souveraineté de l'Ukraine."

Emmanuel Macron demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies "ainsi que l'adoption de sanctions européennes ciblées", dans un communiqué publié par l'Elysée.

22h04 : "Ces mesures sont distinctes et s'ajouteraient aux mesures économiques rapides et sévères que nous avons préparées en coordination avec nos alliés et partenaires si la Russie venait à envahir davantage l'Ukraine", précise le communiqué.

22h04 : Les Etats-Unis ont annoncé des sanctions contre les régions séparatistes de l'Est de l'Ukraine. Joe Biden va "publier un décret qui interdira tout nouvel investissement, échange ou financement par des personnes américaines à destination, en provenance ou dans les régions" prorusses de Donetsk et Lougansk, a indiqué sa porte-parole, Jen Psaki.

22h03 : Emmanuel Macron s'entretient au téléphone avec le président américain Joe Biden et avec le chancelier allemand Olaf Scholz. Le président français ne devrait pas prendre la parole ce soir, a appris France Télévisions, mais un communiqué sera publié.

21h56 : Ségolène Royal, de son côté, réclame un "nouveau général de Gaulle qui se faisait respecter de nos amis américains en leur disant de retirer leurs troupes", dans un message posté sur Twitter. "La Russie n'a-t-elle pas droit au respect des accords sur la sécurité à ses frontières ?", s'interroge l'ancienne candidate à l'Elysée.

21h48 : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky dit s'être entretenu avec le président américain Joe Biden. "Ai discuté des événements des dernières heures avec le président des Etats-Unis", a-t-il écrit sur Twitter dans une première réaction, juste avant le début d'un Conseil de sécurité et de défense nationale.

21h52 : "Vladimir Poutine choisit de se mettre au ban de l'ordre international pour satisfaire une partie de son opinion (...). Vladimir Poutine fait régresser la Russie dans un cycle de glaciation de type soviétique qui le met au ban de la communauté internationale. [Mais] cela va coûter à la Russie beaucoup plus que la satisfaction de quelques millions de russophones d'Ukraine."

L'ancien ministre de la Défense et président du groupe d'amitié France-Russie au Sénat, Gérard Longuet, a réagi sur franceinfo aux annonces de Vladimir Poutine. Il se dit "consterné" par l'allocution du président russe.

21h27 : Le scénario a un précédent : en 2008, le Kremlin a reconnu l'indépendance de deux "républiques" séparatistes prorusses en Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, après une guerre éclair contre Tbilissi, ex-république soviétique qui, comme l'Ukraine, ambitionne de rejoindre l'Otan.

21h27 : Le contenu des documents n'a pas encore été dévoilé, mais cette décision ouvre la voie à un appel à l'aide à la Russie de la part de ces territoires en tant qu'Etats souverains. Et donc à l'entrée potentielle de forces russes dans ces régions.

21h27 : Le Parlement russe est chargé d'approuver la décision de Vladimir Poutine et de ratifier les accords d'amitié et d'entraide avec les deux républiques autoproclamés. Une simple formalité : la semaine dernière, la Douma avait d'ailleurs demandé au président de prendre une décision en ce sens.

21h20 : L'Otan "condamne" la reconnaissance de l'indépendance des régions séparatistes par Moscou, annonce son secrétaire général Jens Stoltenberg dans un communiqué (en anglais). "L'Otan soutient la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues. "

21h16 : Voici quelques réactions politiques en France après cette annonce. Le communiste Fabien Roussel évoque "une décision extrêmement grave et dangereuse" du président russe, tout en dénonçant "la politique guerrière américaine". L'écologiste Yannick Jadot estime que "face à l'expansion autoritaire du régime de Poutine, l'Europe doit rester forte et unie".

21h09 : Les décrets signés par Vladimir Poutine seront soumis au Parlement russe demain midi (10 heures en France) pour approbation et ratification, annonce Léonid Sloutsky, président de la commission chargée de la politique extérieure. Deux commissions parlementaires vont se réunir au préalable, à partir de 9 heures (7 heures en France).

22h38 : Les médias russes, parmi lesquels l'agence RIA Novosti, diffusent des images de liesse à Donetsk après l'annonce de reconnaissance d'indépendance par Vladimir Poutine. Mais ces démonstrations sont restées très modestes, selon le correspondant de France Télévisions sur place.



RIA NOVOSTI

20h52 : Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a annulé in extremis une visite en République démocratique du Congo et décidé de revenir précipitamment à New York en raison de l'aggravation de la crise autour de l'Ukraine, a annoncé son porte-parole.

20h48 : "La reconnaissance des deux territoires séparatistes constitue une violation flagrante de la loi internationale, de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et des accords de Minsk", réagit Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

20h45 : Les médias russes diffusent des images de Vladimir Poutine signant les décrets de reconnaissance russes de l'indépendance de ces territoires.



RIA NOVOSTI

21h12 : "Je considère qu'il est nécessaire de prendre une décision attendue depuis longtemps pour reconnaître [les républiques de Donetsk et de Lougansk]", a déclaré Vladimir Poutine lors de son allocution. Il annonce avoir signé les décrets de reconnaissance d'indépendance et avoir demandé au Parlement russe de ratifier les documents.

20h40 : Vladimir Poutine reconnaît l'indépendance des territoires séparatistes prorusses en Ukraine.

20h30 : La semaine dernière, la présidence ukrainienne a toutefois rappelé que cette ligne d'adhésion à l'Otan était "inscrite dans la Constitution ukrainienne" et qu'elle disposait "du plein consentement des autorités et de la société".

20h31 : "L'adhésion de l'Ukraine à l'Otan est une menace directe pour la sécurité de la Russie", déclare encore Vladimir Poutine. En 2008, l'Alliance atlantique avait fait valoir à l'Ukraine une perspective d'adhésion, mais sans fixer de calendrier précis. Cette vague promesse est depuis restée lettre morte.

20h24 : Vladimir Poutine évoque désormais la situation actuelle et le rôle supposé de l'Otan, après de longues digressions historiques. Il déclare que la "Constitution de l'Ukraine n'autorise pas les bases militaires étrangères mais que cela a été contourné en parlant de 'missions'' de l'Otan". L'allocution a débuté il y a trois quarts d'heure environ.

20h04 : Vladimir Poutine poursuit son allocution sur la situation de l'Ukraine, toujours avec un prisme historique. Il retrace sa vision des relations entre l'Ukraine et l'URSS, puis la Russie, et dénonce une forme d'ingratitude. Le président déclare que la Russie a toujours offert son soutien à son voisin, avec 250 milliards de dollars d'aide versés entre la fin de l'URSS et 2013.



ROSSIIA 24 / YOUTUBE

19h53 : Vladimir Poutine débute par une leçon d'histoire sur les origines de l'Ukraine, qui n'est pas seulement "un pays voisin" mais également "une partie de l'histoire" russe. Il ajoute que l'Ukraine moderne a été créée par Lénine – qui "en est l'architecte et l'auteur". Il déclare également que la situation dans le Donbass est devenue critique.



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19h42 : Vladimir Poutine débute son allocution télévisée à la nation russe.

19h43 : Bonsoir . Voici par exemple la carte des violations du cessez-le-feu de samedi, dressée par l'OSCE. La partie grise correspond au Donbass, composé initialement de deux oblasts (régions) ukrainiennes. Depuis 2014, des séparatistes ont proclamé deux Républiques (Donetsk et Lougansk) dans la partie orientale du Donbass, à l'est de la ligne de contact en rouge.



OSCE

19h39 : Une carte pour nous éclairer, SVP ?

19h39 : La France va envoyer en Ukraine un centre médical avancé pouvant soigner 500 blessés, ainsi que du matériel de sécurité civile. La France répond ainsi, avec quatre autres pays européens, à une "demande d'aide d'urgence" présentée par Kiev et coordonnée par la Commission européenne. Le secrétaire d'Etat Clément Beaune précise toutefois qu'il ne faut pas "surinterpréter" le sens de cette aide.