Covid-19 : Shanghaï va reconfiner près de trois millions d'habitants pour tous les tester

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La métropole est, comme Pékin, officiellement sortie du confinement. Mais quand c’est fini, ça recommence : toute une partie de la ville sera reconfinée à partir de ce vendredi au soir, pour au moins 24h. Objectif : tester toute la population d’un coup.

Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un gardien cadenasse les barrières d'une zone résidentielle placée sous confinement à Shanghaï, mercredi 8 juin 2022. (HECTOR RETAMAL / AFP)

L'espoir a été de courte durée. Depuis le 1er juin, la vie était progressivement redevenue quasi normale dans la grande métropole de 25 millions d’habitants, le tout après deux mois d’un confinement drastique au nom de la politique zéro covid du gouvernement chinois. Les habitants de Shanghaï pensaient donc en avoir fini. Mais c’est reparti pour un tour. Tout le district de Minhang sera totalement fermé à partir de vendredi 10 juin au soir. Et ça concerne au moins 2,7 millions de personnes. Elles vont toutes devoir subir un test PCR.

La décision a été annoncée sur le réseau social WeChat par les autorités de la ville. La municipalité de Shanghaï ne précise pas quand les opérations seront achevées, mais près de trois millions de tests ça va quand même prendre un moment. Elle ne précise pas, surtout, ce qui se passera si de nouveaux cas positifs sont détectés. De là à imaginer un nouveau confinement, il n’y a qu’un pas. Et la controverse va déjà bon train sur les réseaux sociaux : les habitants sont inquiets. Et tout ça se produit donc au moment où l’ambiance était à la réouverture, y compris également dans la capitale Pékin, même si les écoles n’y rouvriront que la semaine prochaine.  

Derrière le dépistage, la surveillance généralisée

Ce nouveau dépistage s’inscrit aussi dans une politique de surveillance généralisée : l'épidémie fournit au pouvoir chinois l’occasion rêvée de renforcer sa surveillance de la population, au nom de la protection de la santé publique. Dans plusieurs villes, des drones et des robots ont été déployés dans les rues, dans les aéroports, dans les centres commerciaux. Ils scannent la température des passants et possèdent des hauts parleurs pour rappeler à l’ordre ceux qui ne portent pas de masque.

Plus ambitieux encore, le déploiement, en particulier à Shanghaï, d’appareils de reconnaissance faciale, dans tous les lieux publics : les hôpitaux et aussi les salles de spectacle, les bâtiments administratifs, les malls. Ils vérifieront en permanence votre statut vaccinal en le confrontant à votre identité. Plus de sept milliards de dollars vont être dépensés dans cette opératione t le matériel sera fourni par la principale société chinoise d’intelligence artificielle, Sense Time. Les contrevenants seront sans doute exposés à des sanctions sévères. C’est d’ailleurs déjà le cas dans plusieurs villes du pays : des amendes, de la prison ferme, et un placement sur "liste noire".  

Une délicate opération séduction auprès des multinationales

Un souci demeure, c’est l’impact économique de toutes ces restrictions, impact reconnu par le pouvoir chinois. Shanghaï en particulier, plaque tournante de l’économie chinoise, est donc restée à l’arrêt pendant deux mois. De nombreuses entreprises étrangères ont alors plié bagage. La municipalité vient d’enclencher une série de réunion avec de grandes multinationales, de l’automobile, de la pharmacie, des semi-conducteurs, pour les convaincre de revenir. Par exemple, les Américains Ford ou General Motors ont été conviés, si l’on en croit le quotidien officiel de la ville. Mais si le confinement devait redémarrer, ça risque de devenir très dissuasif pour les investisseurs étrangers.    

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