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Coronavirus : la Suède ne fait pas comme tout le monde

Ce pays du nord de l'Europe est un cas à part dans la méthode de lutte contre le Covid 19. La Suède prend jusqu’à présent des mesures beaucoup moins restrictives que tous les autres pays de l’Union européenne.  

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Campagne d\'affichage à Stockholm pour inciter les Suédois à se laver les mains en raison de l\'épidémie de coronavirus, le 18 mars 2020
Campagne d'affichage à Stockholm pour inciter les Suédois à se laver les mains en raison de l'épidémie de coronavirus, le 18 mars 2020 (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

Il a fallu attendre ce mercredi 18 mars pour voir les lycées et les universités fermées en Suède. Mais les crèches, les écoles, les collèges sont toujours ouverts, alors même que la Suède est globalement touchée comme tout le monde en Europe : 1279 cas recensés et 8 morts au décompte de ce 18 mars. En sachant que le pays compte moins de dix millions d’habitants, sept fois moins d’habitants que la France. Donc c’est finalement assez comparable.

L’ensemble du dispositif national suédois est à l’image de cette demi-mesure pour le système scolaire. Par exemple, il n’y a qu’un simple encouragement au télétravail, aucune mesure coercitive, aucun confinement. Les personnes de plus de 70 ans sont simplement invitées à rester chez elles. Les voyages sont déconseillés mais pas interdits. Seuls les rassemblements de plus de 500 personnes sont prohibés. Les jardins d’enfants sont ouverts. Les Suédois continuent de prendre le métro ou de se rendre dans les bars et les restaurants. En plus le beau temps commence à arriver : 10 degrés et soleil cette semaine à Stockholm. 

Défense civile et priorité aux experts

C'est très spécifique à la Suède. Les pays voisins, la Norvège, la Finlande, et plus encore le Danemark, appliquent une logique beaucoup plus proche de la nôtre : on ferme tout. Comment expliquer cette particularité ? Il y a trois raisons.

Premièrement, du point de vue sanitaire, en ce qui concerne les enfants, les Suédois considèrent qu’ils sont mieux à l’école, parce qu’ils sont généralement porteurs asymptomatiques du virus . Donc moins ils seront à la maison, moins ils contamineront les adultes de leurs familles. 
Deuxième raison, il y a une croyance sociale dans la force collective. Cela vient de la logique dite de la défense civile, où tout citoyen sait par exemple quoi faire en cas de guerre. Face aux virus, les Suédois ont donc tendance, comme les Britanniques, à raisonner en termes d’immunité collective. Autrement dit, que la moitié de la population contracte le virus pour protéger l’autre moitié mécaniquement. Simplement, ils veulent que ça aille le plus lentement possible.
Enfin troisième raison, les décisions ne sont pas prises par le politique. Le Premier ministre se contente de relayer directement l’arbitrage de la haute autorité de santé publique. Ce sont les scientifiques et les médecins qui décident où il faut placer le curseur.  

Un équipement faible en lits d'hôpitaux

Au début, tout ça s'est déroulé sans encombres, mais au fil des jours, cela devient de plus en plus compliqué. Les Suédois sont comme tout le monde : ils regardent ce que font les voisins. Donc la pression augmente, en particulier dans la presse qui pousse le gouvernement à prendre des mesures plus radicales. D’autant que, contrairement à certaines idées reçues, le système de santé suédois est loin d’être exemplaire. Le pays manque cruellement de lits d’hôpitaux. Il a, en la matière, le taux d’équipement le plus faible d’Europe.  Résultat des courses : les écoles ont beau être toujours ouvertes, les classes commencent à se vider d’elles-mêmes, parce que les parents préfèrent garder leurs enfants chez eux. Donc les Suédois vont peut-être arriver à la fin au même résultat que nous, mais ils auront pris un chemin très différent.    

Campagne d\'affichage à Stockholm pour inciter les Suédois à se laver les mains en raison de l\'épidémie de coronavirus, le 18 mars 2020
Campagne d'affichage à Stockholm pour inciter les Suédois à se laver les mains en raison de l'épidémie de coronavirus, le 18 mars 2020 (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)