Un festival de palmes, France info

Cannes, un festival de palmes. "Il arrive que des films qui ne sont pas récompensés aient fait plus d'effet que certains autres"

Pour célébrer les 70 ans du festival de Cannes, chaque jour sur franceinfo, Thierry Frémaux, le délégué général du festival, raconte ces épisodes et ces palmes qui ont marqué l’histoire de la Croisette. Ce lundi, Cannes récompense deux films classiques, "Le Messager" en 1971 et "La Méprise" en 1973, malgré des chefs-d'œuvre en compétition. 

Les réalisateurs Jerry Schatzberg (gauche) et Alan Bridges (droite) reçoivent la palme d\'or ex aequo des mains de la chanteuse américaine Diana Ross, à Cannes en 1973. 
Les réalisateurs Jerry Schatzberg (gauche) et Alan Bridges (droite) reçoivent la palme d'or ex aequo des mains de la chanteuse américaine Diana Ross, à Cannes en 1973.  (AFP)

Parfois le jury de Cannes donne des accessits à des films qui, avec le temps, deviennent cultes alors qu’on a un peu oublié les palmes d'or de ces années-là. C'est le cas en 1971 et en 1973 lorsque le festival récompense deux films classiques inspirés des romans de l'Anglais Leslie Polte Hartley. 

Réécoutez la chronique "Cannes, un festival de palmes" de Thierry Fiorile
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En 1971, Le Messager de l'Américain Joseph Losey reçoit la palme d'or, tandis que Mort à Venise de Visconti obtient "seulement" le prix du 25e anniversaire du festival. "Un jury ne se trahit jamais. C'est par conviction et non pas par pression qu'il attribue tel ou tel prix", indique Thierry Frémaux au micro de Thierry Fiorile pour franceinfo. Ainsi, pour ldélégué général du festival de Cannes, les membres du jury ont "sans doute considéré que Le Messager méritait plus à leurs yeux avec toute la subjectivité qu'il faut entendre là-dedans".

Les réalisateurs Joseph Losey (droite) et Luchino Visconti (gauche) lors du festival de Cannes 1971.
Les réalisateurs Joseph Losey (droite) et Luchino Visconti (gauche) lors du festival de Cannes 1971. (GABRIEL DUVAL / AFP)

En 1973, La Méprise d'Alan Bridges reçoit la palme d'or ex-aequo avec L'Épouvantail de Jerry Schatzberg. Jean Eustache, qui n'est récompensé que d'un prix spécial pour La Maman et la putain, était pourtant "le grand film de cette année-là", reconnaît Thierry Frémaux. Ingrid Bergman, alors présidente du jury, "n'avait pas caché son dédain, voire son mépris", à l'égard de La Maman et la putain. "Il arrive, dans l'histoire du festival, que des films qui ne sont pas au palmarès ou récompensés de la palme d'or aient fait plus d'effet que certains autres films", conclut le délégué général du festival de Cannes.

De La Grande bouffe à Ken Loach, en passant par les grands moments du cinéma italien, les films audacieux et les années à scandale, chaque jour, en attendant la cérémonie d'ouverture du 70ème festival de Cannes, franceinfo raconte ces palmes qui ont marqué l'histoire du festival avec son délégué général, Thierry Frémaux, et Thierry Fiorile, spécialiste du cinéma à franceinfo. Chacun des 35 épisodes s'articule autour d’une thématique.

Les réalisateurs Jerry Schatzberg (gauche) et Alan Bridges (droite) reçoivent la palme d\'or ex aequo des mains de la chanteuse américaine Diana Ross, à Cannes en 1973. 
Les réalisateurs Jerry Schatzberg (gauche) et Alan Bridges (droite) reçoivent la palme d'or ex aequo des mains de la chanteuse américaine Diana Ross, à Cannes en 1973.  (AFP)