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Vers une sérieuse réforme des traités européens

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L'Europe s'apprête à vivre une nouvelle semaine chargée... Paris et Berlin ont décidé d'accélérer leurs réflexions sur l'avenir de la zone euro.
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Radio France
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C'est la presse allemande qui a levé ce week-end un coin du voile sur les ambitions des deux capitales... dans la perspective du sommet européen prévu les 8 et 9 décembre prochains, la France et l'Allemagne entendent redéfinir de manière radicale la zone euro pour aboutir à une véritable intégration économique, budgétaire et fiscale. Cela passerait par la mise en place d'un pacte de stabilité et de croissance (rebaptisé pour l'occasion "Pacte de Gouvernance") limité à un noyau dur de quelques pays... en l'occurrence - ce que je vous annonçais sur France Info dès la semaine dernière - : les six pays de la zone euro qui bénéficient encore de la note triple A (France, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande et Luxembourg). Ces pays s'engageraient à respecter une stricte rigueur budgétaire et pourraient convaincre l'Allemagne d'accepter enfin le principe des eurobonds, les euro-obligations.

Et quel en serait le principe ?

Et bien, en mutualisant la dette des seuls pays notés triple A, on créerait le deuxième marché de dette publique au monde derrière les Etats-Unis. Une dette séduisante aux yeux des investisseurs qui, rassurés par l'initiative politique (notamment l’aval de l’Allemagne), achèteraient de cette dette pouvant atteindre un total de 5000 milliards d'euros. 5000 milliards, c’est bien plus que ce que la Banque Centrale Européenne, le Fonds Monétaire International et le Fonds Européen de Stabilité Financière sont capables de réunir à eux trois. Avec cette somme, on règle le problème de la Grèce, de l'Italie et d'autres encore.

Pour l'instant, Paris dément les informations de la presse allemande mais annonce travailler avec Berlin sur une profonde révision des Traités européens.

Pour éviter une Europe à deux vitesses, la réforme des Traités concernerait les 27 pays de l'Union et s'il y a désaccord, on se replierait sur les 17 membres de la zone euro. Selon un négociateur, ce qui est en discussion est la mise en place d'un mécanisme de solidarité pour la mi-2013 qui pourrait voir instaurer le principe des décisions à une super majorité plutôt qu'à l'unanimité, on éviterait ainsi que de petits récalcitrants bloquent le processus. Quant au Président de la République Nicolas SARKOZY, l'Elysée affirme qu'il n'a pas du tout pour objectif de donner des pouvoirs supranationaux à la Commission européenne... il veut plutôt discuter des moyens de doter Bruxelles de pouvoirs plus intrusifs pour surveiller des pays comme la Grèce.

Donc : un nouveau pacte de stabilité pour sauver l'Europe... et l'euro...

Oui car la « guerre » que nous vivons aujourd’hui est moins dirigée contre la monnaie unique en tant que telle que contre les responsables politiques qui ont en charge la destinée de l’Europe et qui n'arrivent pas à se mettre d'accord. Cela, les marchés n'aiment pas... en revanche, ces marchés ont désormais la conviction qu'en cette période de crise - c'est peut-être un paradoxe mais c'est ainsi, on l'a vu à travers différentes enquêtes d'opinion dans les pays en difficultés - : les peuples européens font confiance à l'Euro comme gage de stabilité face à... l'instabilité politique. C'est certainement un des facteurs de rebond importants pour l'Europe... ce rebond viendrait du peuple... belle morale pour cette histoire.

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