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Pourquoi le gouvernement doit maintenir le cap économique

Lors de son intervention radio-télévisée lundi soir, le Président de la République a confié au nouveau Premier ministre, Manuel Valls, la mission de poursuivre les réformes engagées. Le gouvernement ne peut pas changer de cap

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Quoi qu'en pense et réclame l'aile gauche de la majorité
présidentielle, économiquement, la France ne peut absolument plus s'éloigner du
plan d'économies de 50 milliards annoncé par le Président de la République. La
question est même de savoir s'il ne faudra pas trouver plus. Impossible de
changer de cap pour des raisons à la fois intérieures et extérieures.

Sur le plan strictement financier, l'Insee nous a rappelé
hier que Paris étaient en train de déraper sur ses objectifs de déficits
publics. Pour 2013, notre déficit s'élèvera à 4,3% du PIB contre un objectif
initial de 4,1%... et ce, après avoir promis, il y a un an, de ne pas dépasser
3,6%. On voit le terrain perdu.

Il y a aussi des causes extérieures

D'un côté, les marchés financiers ; de l'autre,
Bruxelles. Les marchés, ce sont les investisseurs qui achètent notre dette. Si
à ce stade de la situation politique en France le nouveau Premier ministre
Manuel Valls montrait le moindre signe d'inflexion, la confiance des
investisseurs flancherait. Ils risqueraient de délaisser notre dette pour se
tourner vers d'autres produits moins "embêtants". Du coup, nous
aurions du mal à trouver de l'argent à de bonnes conditions.

Pour l'instant, le mécanisme tient bon. Lundi, le Trésor
français a réussi à emprunter en une journée près de 7 milliards d'euros, sur 3
trois à 6 mois, à des taux d'intérêt en baisse (0,19% contre 0.22 il y a une
semaine). Pour l'instant ça tient, mais jusqu'à quand ?

Et puis il y a bien sûr Bruxelles. N'oublions pas que le
14 mars dernier, la commission européenne nous a placés sous "surveillance
renforcée". C'est à dire que sans précisions sur le plan d'économie
envoyées d'ici fin avril, Bruxelles pourrait recommander en juin des sanctions
financières contre Paris. Nous avons donc un mois pour prouver comment nous comptons
modifier la trajectoire de nos finances publiques !

Obtenir un peu d'indulgence de la part de Bruxelles est-il
encore possible ?

C'est ce que François Hollande semble espérer et le
timing n'est pas forcément défavorable. L'Europe s'apprête à voter au mois de
mai. Les périodes électorales sont souvent propices aux adaptations. Mais la
France a déjà obtenu un sursis de 2 ans pour atteindre ses objectifs, et puis
dire oui à Paris serait risquer un effet boule de neige sur d'autres pays en
difficultés. Cela, l'Europe ne peut plus se le permettre.

Autant dire clairement que nos marges de
manœuvres sont étroites...

Elles sont même quasiment inexistantes.
Où trouver la marge pour alléger l'impôt sur les ménages d'ici 2017 comme le
Président de la République s'y est engagé (on parle de 2 à 3 milliards d'euros
d'allègements) ? Quel visage aura le pacte de responsabilité
"sociale", le pacte de solidarité, que François Hollande a sorti de
son chapeau hier soir ? Autant d'interrogations que Manuel Valls et sa nouvelle
équipe devront lever au plus vite. Le nouveau Premier ministre sera tout, sauf
un simple collaborateur du Président. Il aura vraiment la main sur la courroie
de transmission, mais devra faire très attention pour éviter de s'y brûler.

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