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Les marchés financiers en pleine expectative

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Les marchés financiers jouent au yoyo. Après la hausse de lundi, les bourses européennes sont retombées hier à leur plus bas niveau depuis 4 mois (Paris a cédé 2,8% ; Milan 2,3 ; Londres 1,8...). Que se passe-t-il ?
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Radio France
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Les marchés ont horreur de l’incertitude. En période de doute, au pire ils plongent, au mieux ils virevoltent. C’est ce qu'il se passe depuis lundi. Plusieurs événements dictent leur conduite : la situation politique en Grèce ; l'épée de Damoclès qui pèse sur les banques espagnoles en déroute à cause du secteur immobilier ; les divergences franco-allemandes sur l’application du pacte de croissance… et  puis, bien sûr, le changement de pouvoir en France. Lundi de nombreux opérateurs avaient décidé de faire le pont... lundi encore, la bourse de Londres était fermée... or, c’est principalement à la City que sont installés les grands fonds de pensions très actifs sur les marchés. Hier, les opérateurs ont délaissé les actions pour se tourner les produits plus sûrs comme la dette allemande jugée saine... il y a eu des achats massifs de cette dette et les taux d'intérêts outre Rhin sont descendus à un niveau historiquement bas.

Est-ce à dire que l'enthousiasme des marchés après l'élection de François Hollande a déjà fait long feu ?

Il n’y a pas eu d’enthousiasme hollandais à proprement parler lundi. La victoire du candidat socialiste avait été anticipée et les propositions de relance de l’économie sur lesquelles il a capitalisé dans les derniers jours de la campagne sont inscrites dans les textes européens depuis fin janvier. Jusqu'à présent, Bruxelles avait préféré communiquer sur la rigueur. En réalité, François Hollande a bénéficié d’un calendrier favorable et de d’une excellente veille des grands dossiers de la part de ses collaborateurs. Lundi, il y a eu surtout un enthousiasme européen... car si les marchés réclament aux dirigeants politiques de la discipline budgétaire, ils se réjouissent aussi des initiatives de relance qui sont synonymes de plus d’activité, plus de stabilité et donc plus de profits.

Les marchés attendent maintenant des échéances particulières ?

Outre l'évolution de l'économie en zone euro avec la Grèce et l'Espagne en ligne de mire, on peut noter plusieurs dates importantes : le 15 mai avec la passation de pouvoir à l’Elysée… le 16 avec le lancement par la France d’un emprunt d’environ 10 milliards d’euros sur 10 ans (on verra si les marchés nous font confiance sur le long terme… lundi, on a réussi a emprunter à des taux bas mais sur trois mois, c’est à dire du court terme). Arriveront ensuite la formation du gouvernement et les législatives de juin qui seront une réelle indication de la couleur politique de la nouvelle France... enfin : les mesures de relance promises par François Hollande ! Seront-elles raisonnables au regard de la faible marge de manœuvre budgétaire dont disposera la nouvelle équipe ? N’oublions pas que 10 à 12 milliards d’euros du programme socialiste ne sont toujours pas financés. L'entourage du nouveau Président assure que les marchés ne seront pas déçus…  mais les marchés sont comme Saint Thomas : ils attendent de voir pour croire.

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