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Le coke en stock a de beaux jours devant lui

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L'Agence Internationale de l'Energie publie un rapport alarmant sur le volume de charbon que nous allons consommer dans les prochaines années pour produire de l'électricité. Le document fait froid dans le dos, quand on sait que l'utilisation de cette matière première est très polluante.
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Radio France
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L'AIE prédit un taux de croissance légèrement moindre de la demande d'ici 2018 mais elle s'empresse de dire que cette croissance restera "intenable" pour la planète. Le mot est fort. Le charbon deviendrait ainsi au cours des 2 ou 3 prochaines années la première énergie consommée devant le pétrole.
Rien n'arrête cette course effrénée avec son cortège de rejets polluants : plus des 3/5 des émissions de CO2 sur la planète viennent de la combustion du charbon pour produire de l'électricité et de la chaleur.
Pour donner un ordre de grandeur, sur la seule année 2012, ce sont près de 8 milliards de tonnes de "King Coal" (le roi charbon) qui ont été consumées dans le monde. L'équivalent de 800.000 fois le poids de la Tour Eiffel. On a du mal à se le représenter.

A qui la faute ? Comment expliquer cette hausse vertigineuse de la consommation ?

Le charbon est une ressource "géopolitiquement" sûre et facilement exploitable. Il y a la demande croissante des pays asiatiques et puis aussi notre incapacité - nous occidentaux - d'exploiter les solutions alternatives. La Chine est le premier consommateur mondial depuis 1984 et dans les 5 prochaines années, l'Empire du Milieu comptera pour 60% de la hausse de la demande.
La Chine continue de construire plusieurs centrales à charbon tous les mois pour faire tourner son industrie. A titre d'exemple : en 2012, le pays a brûlé autant de charbon que l'Allemagne depuis 1990 ou que l'ensemble de l'Union européenne depuis 2006.


La responsabilité des occidentaux*

L'Europe reste divisée sur une mise en valeur des énergies renouvelables, toujours trop chers à produire (la PME Française SOLAIRE DIRECT qui fabrique des panneaux solaires vient d'en faire les frais. Elle a annoncé hier le licenciement de 40% de ses salariés). Et puis il y a l'épineux débat autour du gaz de schiste. Grâce à cette ressource, les Etats-Unis disposent aujourd'hui d'une énergie moins chère. Comme ils n'ont plus besoin de leur charbon, ils nous le revendent à prix cassés. Nous en sommes bien contents, faute de mieux... après l'abandon de ses centrales nucléaires, l'Allemagne peut relancer ses brûleurs à anthracite.


Parmi les solutions il y a le mix-énergétique britannique... et l'augmentation du prix du carbone*

La Grande-Bretagne mise sur le mélange des énergies. Renouvelables et nucléaires font bon ménage. Le nucléaire qui est en train de revenir en force au Japon... le gouvernement nippon y réfléchit malgré la tragédie de Fukushima. Quant à l'augmentation du prix du carbone, elle aurait pour effet de pénaliser le charbon au profit du gaz naturel et des renouvelables. Aujourd'hui, la tonne de CO2 émise coûte 7 euro. Selon les experts, la bonne fourchette serait comprise entre 40 et 60 euros la tonne (certains montent jusqu'à 150). Tout le monde est d'accord sur le constat mais personne ne veut y aller. Manque de volonté politique... querelles idéologiques... chèreté pour le contribuable... caisses publiques exsangues. Dans ce contexte, il y a fort à parier que la conférence environnementale prévue à Paris en 2015 soit une nouvelle fois la montagne qui accouche d'une souris.

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