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L'actionnariat salarié, antidote à la crise du capitalisme

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François Hollande souhaite une discussion sur l’épargne salariale et l’actionnariat salarié. Le Président de la République l’a déclaré ce lundi lors de la conférence sociale.
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Radio France
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 (Le groupe Eiffage pratique l'actionnariat salarié depuis plus de vingt ans. © Sebastien JARRY/MAXPPP)

 Hasard du calendrier, deux associations patronales, Croissance Plus et Syntec Numérique, viennent de faire des propositions pour relancer ce que l’on appelle en d’autres termes la "gestion participative" ! C’est la participation des employés aux bénéfices mais aussi à la gestion de leur entreprise. Cette proposition tombe au bon moment. L’actionnariat salarié est en effet une des nombreuses réponses possibles à l’objectif fixé par la conférence qui se tient actuellement.

A l’heure où la mobilité ne cesse de s’accentuer et de déstabiliser certains salariés, à l’heure où il est de plus en plus difficile pour un patron de garder ses collaborateurs sur le long terme ou de les motiver, ce mode participatif présente des avantages non négligeables.

Stock options et actions gratuites

 Avec l’actuel régime social et fiscal, les entreprises n'accordent plus de stock options et d'actions gratuites à leurs collaborateurs. Croissance Plus et Syntec proposent donc de remettre ces dispositifs au goût du jour en les encadrant strictement pour éviter toute dérive et améliorer la cohésion sociale au sein de l’entreprise.

 

Les salariés qui restent attachés à leur entreprise et lui font confiance au point d’y investir, c’est rassurant et plutôt bon signe. Mais attention de ne pas tout mélanger car les systèmes de capitalisation offerts aux salariés sont nombreux et n’ont pas le même effet. Il ne faut pas confondre participation aux résultats et actionnariat salarié. Ce sont deux choses différentes. La participation aux résultats n’engage pas, ou peu, l’employé qui choisit cette option. Si l’entreprise est bénéficiaire, il en touche les dividendes et rien de plus.

Salarié décisionnaire

L’actionnariat salarié, lui, est en quelque sorte la voie royale de la participation dans la mesure où il permet d’accéder à la gestion stratégique de la société. Qui dit actionnaire, dit décisionnaire. Le salarié à qui le patron propose de devenir actionnaire se voit confier, en plus d’un retour sur bénéfices, une participation au conseil d’administration, donc d’entrer dans le Saint des saints. Ça peut faire peur car cela impose de prendre des risques : je place mon argent à des conditions avantageuses dans ma propre boîte mais je dois faire le maximum, comme mon patron, pour en tirer le meilleur.

 

L’intérêt est évident à deux niveaux. Pour le salarié, l’implication plus forte dans la gestion change le sentiment d’appartenance à l’entreprise, car il a un accès direct à la décision ; et pour le patron c’est une pression permanente et visible. Le dirigeant doit rendre des comptes, aussi, à ses salariés actionnaires qui remplacent en quelque sorte les méchants fonds de pension ou financiers apatrides sans foi ni loi. L’actionnariat salarié est une réponse à certaines questions sociales et un antidote à la crise du capitalisme que l’on traverse en ce moment.

 

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