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En crise, l'Europe manque de gouvernance

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Tout info, tout éco, le décryptage… et la chute des places financières en Europe hier… (Paris a perdu 4,7%... Francfort 5% ; Londres 3 et demi ; Madrid 4,7%)… la Grèce, les déficits persistants, le risque qui pèse sur les banques européennes et les craintes sur l’économie américaine suffisent-ils à expliquer cette déroute ?
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Radio France
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Ce sont autant de facteurs explicatifs mais qui, au bout du compte, traduisent un réel défaut de direction économique européenne.
D’abord : la Grèce, les déficits et les banques. Je ne vais pas refaire l’exégèse de la crise ce matin… les causes sont connues : les marchés s’inquiètent d’une Grèce qui n’arrive pas à remonter la pente… constatant que les Etats peinent à mettre en place leurs nécessaires plans de rigueur (on voit ce qu’il en est en ce moment en France), les marchés se disent que les différents pays sont incapables de se mobiliser pour freiner la dérive… au final : dans la tête des opérateurs, les banques qui ont prêté, ne reverront jamais leur argent. Ajouté à cela les incertitudes pesant sur l’économie américaine… les observateurs attendent avec impatience ce que Barack OBAMA dira en fin de semaine sur l’emploi… le tableau est complet.

Et la dimension politique dans tout cela ?

Et bien elle est capitale. Honnêtement : il est largement temps de trouver le contrepoids solide à l’action schizophrène des opérateurs financiers : d’un côté ces derniers nous reprochent de ne pas savoir mettre en place nos plans de rigueur… et une fois que l’on parvient à le faire, les mêmes opérateurs nous sanctionnent parce que la rigueur freine la croissance et, donc, ralentit nos économies. Face à cette irrationalité flagrante des marchés, il faut construire une vraie force politique à même de rassurer les citoyens. Cela s’appelle la Gouvernance. Or, où est la gouvernance économique européenne aujourd’hui ? Certainement pas du côté du côté de la Finlande et de la Slovaquie, ces deux petits pays européens qui n’hésitent pas à dicter leurs lois. Le premier pose ses conditions pour accorder un prêt à la Grèce ; le second est fier de claironner qu’il sera le dernier Etat de la zone Euro à voter le Fonds de Solidarité. Ces deux pays qui bloquent oublient un peu trop vite les facilités qu’on leur a accordées pour leur permettre de rejoindre la grande famille européenne. Il serait peut être bon de le leur rappeler avec fermeté.

Quelles solutions pouvons-nous imaginer ?

Il y a plusieurs écoles… celle qui prône l’instauration d’un nouveau Traité européen bâti autour d’un axe franco-allemand capable de construire un vrai gouvernement européen, ouvert mais maîtrisé, « managé »… et puis celle, emmenée notamment par Jacques DELORS et d’autres décideurs de tous bords, qui prône un fédéralisme synonyme de solidarité bien encadrée. Le paradoxe, c’est que l’Europe est la première zone économique mondiale. Mais, trop fébrile, elle ne pèse pas suffisamment sur la scène internationale et ne sait pas résister à l’attaque des prédateurs de tous poils… les solutions dépendent pourtant, et uniquement, d’un bon sens politique.

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