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Déficit public 2015 meilleur que prévu, l'Etat peut dire merci aux repentis fiscaux

Après les chiffres du chômage de février jeudi soir, l’Insee a publié vendredi matin ceux des comptes publics de la France pour 2015. La tendance est meilleure qu’attendue.

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(photo d'illustration © Fotolia)

Chômage, comptes publics... les chiffres se suivent mais ne se ressemblent pas toujours. Pour preuve, le montant définitif de notre déficit public pour l’ensemble de 2015. La France a enregistré l’an dernier un déficit public moins élevé que prévu, à 3,5% du produit intérieur brut (P.I.B.), la richesse nationale, au lieu des 3,8% anticipés. Les 3% réglementaires sont encore loin et tout le monde va se réjouir de voir le déficit passer de 73 milliards d’euros inscrits dans la loi de finance à quelque 70 milliards. Trois petits milliards, c’est toujours cela de gagné et le gouvernement va s'en servir pour convaincre Bruxelles de son sérieux budgétaire.

Comment expliquer cette amélioration

Cette amélioration s’explique par la baisse des dépenses et la hausse des recettes. La baisse des dépenses, c’est l’allégement de la charge de la dette – avec les taux d’intérêt toujours très bas, on emprunte moins cher pour rembourser notre dette. L’Etat emprunte d’un côté pour rembourser ce qu’il a emprunté de l’autre. C’est comme si nous, particuliers, empruntions pour rembourser les échéances d’un crédit. Bref : grâce aux taux bas, on a économisé un milliard d’euros d’intérêts d’emprunt sur l’année. La hausse des recettes, elle, est due en grande partie à l’argent récolté par le traitement des avoirs des français dissimulés à l’étranger et au bon travail de la cellule des évadés fiscaux repentis. Un peu plus de deux milliards d’euros récupérés par ce biais.

Donc, à part un petit effort réalisé du côté des comptes de la Sécurité sociale, on constate que le déficit se réduit grâce à des effets autres que de réelles économies volontaires sur le fonctionnement de l’Etat : sans les taux bas et les repentis fiscaux, le programme des réjouissances serait moins conséquent.

 

Les chiffres 2015 laissent-ils augurer une amélioration en 2016 ?

Les comptes publics reposent beaucoup sur la croissance, notamment avec les rentrées fiscales  générées par l'activité et l'emploi qui en découle (cotisations sociales). L’objectif du gouvernement est d’atteindre un taux de croissance d’1,5 % cette année. Pour l’instant, l’INSEE place l'acquis de croissance (le leg de 2015) à 1,1%, et prévoit +0.4% aux premier et deuxième trimestres 2016. Rien ne dit que le 1,5% attendu pour cette année par Matignon et Bercy pourra être atteint. Si on ne fait pas un et demi % de croissance cette année, il va falloir trouver des rustines supplémentaires. Difficile au moment où l'on dépense plus en sécurité, le président de la République décide de dégeler le point d’indice des fonctionnaires et soutient financièrement les agriculteurs, sans compter avec une probable révision de la baisse des dotations aux collectivités locales avant l'élection présidentielle. Donc oui, le déficit public 2015 est meilleur qu’attendu… mais attention aux chiffres en trompe-l’œil.

 

(photo d'illustration © Fotolia)