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Coup de grisou sur les marchés financiers

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Les marchés financiers ont sérieusement flanché jeudi 23 mai. Milan a cédé 3%, Paris, Londres et Francfort ont perdu 2% en clôture après être descendus plus bas en séance. Un mouvement de reprise semblait pourtant s'être installé. Explications.
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Radio France
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''Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel'' ! L'adage fétiche des marchés financiers montre encore une fois sa pertinence. C'était bien parti... un CAC 40 au-dessus des 4000 points en route vers de nouveaux sommets (du jamais vu depuis au moins 2 ans), Londres au plus haut depuis 13 ans, de très belles performances également du côté de Francfort... et patatras, voilà la chute subite de la bourse de Tokyo. Moins 7% en une séance. Avec la hausse ininterrompue des places financières depuis le 20 avril, la période était venue de prendre les bénéfices. Ce qu'ont fait massivement les opérateurs hier en revendant leurs titres. Mais d'autres raisons expliquent ce repli.


Des raisons plus conjoncturelles ?*

Souvenez-vous. Avant la crise de 2008/2009, Alan GREENSPAN, le Président de la Réserve Fédérale américaine à l'époque, avait parlé de ''l'exubérance irrationnelle des marchés''. Manière de dire que les opérateurs font la pluie et le beau temps, allant et venant sur les marchés au gré de leur humeur capitalistique. Et bien aujourd'hui, la réalité des fondamentaux économiques les rattrape. Hier, les marchés ont repris leurs billes mais ils ont aussi réagi à deux indicateurs. La production manufacturière en Chine : contrairement aux prévisions, depuis début mai, les usines ont moins fourni pour la première fois depuis 7 mois. Et puis l'annonce par le Président de la banque centrale américaine que la Fed pourrait commencer à ralentir ses injections de liquidités dans l'économie.


Donc les opérateurs ne sont pas si "irrationnels" que cela !


Ces derniers mois, les marchés ont monté grâce aux politiques accommodantes des banques centrales qui ont fait tourner la planche à billets, injecté des liquidités, pour soutenir une reprise balbutiante (jusqu'à 85 milliards de dollars par mois aux Etats-Unis), mais le signal envoyé cette semaine par le patron de la FED laisse envisager un prochain changement d'attitude. Donc irrationnel non, paradoxal oui, car si la réserve fédérale met moins d'argent sur la table, c'est qu'elle constate une reprise de l'économie... ce dont devraient se féliciter les marchés. Seulement voilà : personne ne voit de reprise en Europe. Aux Etats-Unis, elle est plutôt faiblarde et la deuxième économie mondiale qu'est la Chine montre qu'elle en a fini avec son taux de croissance de 10% (on est aujourd'hui autour de 6, 7%). Quant au Japon, il reste le pays le plus endetté du monde – 210% du PIB – potentiellement explosif, même si cette dette est aujourd'hui détenue par les japonais eux-mêmes à travers l'épargne, ce qui leur évite de dépendre des marchés financiers. Entre une Asie qui inquiète et une reprise qui tarde en occident, les bourses pourraient bien rester volatiles. Et comme aime à la dire un analyste de la place parisienne : quand les marchés sont volatils, on y laisse des plumes... des plumes qui ne sont pas perdues pour tout le monde.

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