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Alstom : la dernière ligne droite

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Qui de l’allemand Siemens ou de l’américain General Electric décrochera une grande partie du français Alstom ? Chacun des prétendants continue de placer ses pions. On devrait en savoir plus dès cette semaine sur les intentions de Siemens.
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Radio France
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 (© Maxppp)

Le groupe pourrait abattre ses cartes dans les tous prochains jours. Mais il convient de rester prudent car nous sommes engagés dans une course à la communication. Entre communiqués officiels, fuites bien orchestrées, démentis et rumeurs savamment distillées, la configuration est identique à celle du dossier Bouygues / SFR / Numéricâble : personne n’a dit son dernier mot.

Les jeux restent ouverts

Alstom entrera en négociations exclusives avec General Electric le 2 juin prochain. D'ici-là, d'autres offres peuvent être étudiées. Siemens travaillerait désormais à une proposition d’échanges d’actifs avec Alstom. Il s'agirait de créer deux champions nationaux : l’un dans les transports, l’autre dans l'énergie.

Côté transport, Siemens qui fabrique l’ICE (l’équivalent du TGV français) proposerait de transférer au groupe français l’ensemble de ses actifs ferroviaires (élargis aux trams et autres trains), et de créer une co-entreprise dans le domaine de la signalisation.

Côté énergie, si Siemens remportait la mise face à General Electric, l'allemand revendrait l’éolien et le nucléaire d’Alstom à Areva. Enfin, Siemens laisserait l’Etat français se renforcer au capital d’Alstom pour lui permettre de garder un œil sur l’avenir stratégique de l’entreprise. L'Etat pourrait monter jusqu'à 10% dans Alstom contre 0.9% actuellement via la Caisse des dépôts.

Ces options sont-elles crédibles ?

Elles sont très révélatrices :

1/ la candidature de General Electric est ressentie par l’allemand Siemens comme une attaque dans son pré-carré européen. Il montre les dents et se dit prêt à aller plus loin que son offre initiale.

2/ Attention aux doublons. ICE allemand + TGV français : les deux peuvent-ils cohabiter en termes d’offre de matériel et d’emplois ? Rien à voir avec l'alliance Renault-Nissan, qui, elle, était complémentaire. 

3/ Qu’en est-il de la réelle volonté politique allemande d’aller vers cette option ? Angela Merkel semble plutôt en retrait. Elle attend de voir.

4/ Siemens valorise la branche énergie d’Alstom à quelque onze milliards d’euros. Pourquoi les actionnaires du groupe français la préfèrerait à celle de douze milliards proposée par General Electric ?

Enfin, confier l’éolien et le nucléaire d’Alstom à Areva est-elle la meilleure solution pour gagner les marchés de demain en Chine et aux USA où General Electric est déjà implanté ? Bref, beaucoup de questions restent en suspens.

Paris préfèrerait une offre de Siemens. L'activisme d'Arnaud Montebourg va-t-il permettre à l'Etat d'obtenir gain de cause ?

En mettant la pression, Arnaud Montebourg a fait monter les enchères. Faut-il pour autant parler de stratégie industrielle ? Non ! Comme le constate un autre acteur de premier plan à Bercy : quand les allemands font de la politique industrielle, ils préfèrent la faire à voix basse. Arnaud Montebourg a fait un autre choix. Quant à la décision finale, elle reviendra aux actionnaires d’Alstom et à eux seuls... aucun effet de manche ne pourrait s’y opposer.

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