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Tout euro, tout éco . Le timide réveil de l’Europe sociale

L’Europe s’inquiète et l’Europe se réveille, elle a annoncé des mesures plus humaines en matière sociale. Un souci du social qui figure pourtant déjà dans les traités mais que la crise avait mis en sommeil.

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(ERIC LALMAND / BELGA MAG)

On l’a oublié mais le "Non" à la Constitution européenne s’est cristallisé autour de l’absence d’Europe sociale, une fracture qui a notamment déchiré les grands partis de l’époque, ceux qui sont à genoux aujourd’hui. Les tenants du "Non" dénonçaient, entre autre, cette absence d’Europe sociale dans une Constitution rejetée par près de 55% des Français il y a 12 ans. Deux ans plus tard, elle devient le traité de Lisbonne, adopté en Congrès à Versailles. Mais cet épisode a creusé un fossé entre élites et classes populaires, fossé toujours visible aujourd’hui.  Un clivage, aggravé par la crise, qui a jeté le discrédit sur l’Europe.

Un embryon d’Europe sociale

Pourtant l’Europe sociale existe. Par exemple, à travers un instrument concret, sonnant et trébuchant même, le fonds social européen, le FSE. Selon un bilan qui date de janvier, entre 2007 et 2014, le FSE aurait a consacré 115 milliards d’euros pour aider 10 millions d’Européens à trouver un emploi. Et sur les 230 millions d’actifs en Europe, 100 millions, soit près d’un sur deux a bénéficié de son aide sous différentes formes, formation, soutien au système scolaire, aide à la garde d’enfant, à la mobilité. Des aides pas toujours visibles. L’Europe sociale c’est aussi une norme en matière de temps de travail, 48H par semaine, qui a le mérite d’exister. Ce sont aussi des SMICS dans presque tous les pays européens. Et c’est aussi une mention dans le Traité de Lisbonne avec l’obligation de tenir un sommet social tripartite, présidents de conseil ou premiers ministres et président de la Commission, patronat et syndicats. Mais la crise a mis a mal cette volonté de faire du social en Europe.

Un socle des droits sociaux

La commission veut aujourd’hui se rattraper et contrer la montée des populismes en annonçant la création d’un socle européen des droits sociaux. Mais il arrive bien tard, entre les deux tours de la présidentielle française. Y figureront : le droit à l’accès au marché du travail, l’égalité salariale, des conditions de travail justes, des mesures pour faire face au vieillissement de la population et à l’économie numérique. Mesures déjà connues : l’instauration d’un congé de naissance de 10 jours pour les pères, et un congé paternel de 8 mois, rémunéré et pas seulement indemnisé et possible jusqu’aux 12 ans de l’enfant, ainsi que 5 jours pour s’occuper d’un parent malade. Ces mesures sociales nécessitent l’adhésion des gouvernements, d’abord dans la zone euro, et doivent aussi être adoptées en Conseil européen à la fin de l’année. Il y a le feu sur le terrain du social mais la Commission se réveille un peu tard : la défiance vis-à-vis de l’Europe est installée, elle sert de bouc émissaire à la défaillance du personnel politique national, le ver est dans le fruit et la pomme presque entièrement gâtée.

(ERIC LALMAND / BELGA MAG)