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Pierre Assouline : "Si on n'est pas joueur on n'est pas éditeur"

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Pierre Assouline, journaliste, romancier, biographe, il est l'un des hommes les plus influents de l'édition française. Depuis 2012, il est juré Goncourt, et son blog, La république des livres, fait autorité. Il publie un roman, presque un livre de journalisme : Sigmaringen, chez Gallimard.
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Sigmaringen est petite ville d'Allemagne où ont débarqué, en septembre 44 dans le château du coin, le Maréchal Pétain, le gouvernement de Vichy, Pierre Laval, des miliciens, et 2.000 civils dont Louis-Ferdinand Céline. Tout ce qu'il raconte est vrai.

"Tout est authentique, les réparties des principaux personnages, l'histoire, les détails. Il y a juste deux personnages principaux qui ont existé mais que j'ai réinventés parce que je voulais me les réapproprier : le majordome et l'intendante. "

Ce n'est pas son premier livre qui parle de cette période, qui le fascine. Il a écrit un essai sur l'épuration. On se souvient de son roman Lutetia, un best-seller, qui est devenu un film.

"Ce qui me fascine c'est la fin. L'apocalypse. Il y a quelque chose dans ces huit mois que vont passer ces Français à Sigmaringen d'assez extraordinaire. Ce qui m'intéresse c'est le huis clos. "

Le milieu littéraire

Pierre Assouline est l'un des rares à ne pas se plaindre de nombre de parutions annuelles. Nombreux sont ceux qui estiment qu'il n'y en a pas assez de bons et que les éditeurs font de la cavalerie.

"Cela a toujours existé la cavalerie. L'édition vit dessus depuis longtemps, mais les éditeurs ne publient pas n'importe qui. Ils sont des joueurs, si on n'est pas joueur on n'est pas éditeur. "

Dans une interview, Michel Houellebecq avait lâché une phrase qui avait beaucoup choqué : "L'Islam est la religion la plus con du monde ". C'était en 2001. Houellebecq avait alors reproché à Pierre Assouline de ne pas avoir coupé cette phrase. Tous les deux avaient été attaqués en justice.

"Je n'avais pas a censuré une interview, c'est une information. Finalement, nous avons été relaxés, mais au procès il s'est désolidarisé de moi et au lieu d'assumer ses propos il s'est retourné contre moi. Or, le président avait devant lui la cassette de son entretien avec moi. "

Le journalisme

Son goût ou non pour le journalisme a commencé avec le décès de son frère dans un accident de voiture. Alors que Pierre Assouline avait 16 ans, son père lui demande de faire des photos. "C'est un accident tragique sur une route d'Espagne pendant les vacances, comme il y en a beaucoup. Dès le lendemain, mon père m'a demandé de venir avec lui parce qu'il ne parlait pas espagnol et il fallait répondre à des tas de questions. Nous n'avions pas pris la mesure de la gravité des choses, et son réflexe a été de me dire, puisque tu fais des photos, est-ce que tu peux photographier la voiture parce que la police réclame des photos. "

Il a commencé sa carrière professionnelle à la Bourse du commerce. Puis il est venu au journalisme par la photographie. Notamment Hendrix.

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