Si j'étais..., France info

Si j'étais... Le patron du Canard enchaîné

Le Canard enchaîné continue ses révélations sur l'affaire Pénélope Fillon, en révélant mercredi 1er février que les sommes qu'elle aurait touché en tant qu'assistante parlementaire dépassent les 900 000 euros. Karl Zéro s'est imaginé dans la peau du patron de l'hebdomadaire.

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La Une du Canard enchaîné du mercredi 1er février.
La Une du Canard enchaîné du mercredi 1er février. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Si j’étais le patron du Canard enchaîné, j’arrêterai tout de suite ! Rassurez-vous : pas le "coup d’état institutionnel ourdi par la gauche" contre François Fillon dont mon journal s’est fait le chantre et le porte-voix… Non, j’arrêterais de faire paraître l'hebdomadaire chaque mercredi pour le transformer, dès aujourd’hui, en quotidien.

Vu que c’est nous qui désormais donnons le "la" de cette campagne présidentielle, et même le "do" et le "si", vu que les autres médias se contentent de reprendre nos infos, il est de notre devoir de leur donner à becqueter tous les jours. Parce que des infos sur Fillon, passez-moi l’expression chère aux 24h du Mans, on en a sous le pied. Depuis qu’on a ouvert la boîte de Pandore avec le premier épisode, "les emplois de Pénélope", (on dirait un titre de Marc Dorcel), on a suscité -ou ravivé- une telle vocation délatrice chez nos compatriotes qu’on croule littéralement sous les lettres anonymes, les dossiers accablants, les plis discrets infamants…

Un magasin de boules puantes

Si j’étais le patron du Canard enchaîné, vu que François Fillon a demandé à ses grognards de former le dernier carré pour encore quinze jours, j’accélérerais donc le mouvement. Sinon, ça ne nous laisse que deux parutions avant qu’il ne jette l’éponge. On fera quoi, après, de toutes ces infos sur Fillon ? Un magasin de "boules puantes", comme il dit ? Des soldes ? Cela n’intéressera plus personne…

Si La France peut supporter la vérité -c’est le titre d’un livre de Fillon en 2008- s’il faut avoir "le courage de la vérité" -c’est son slogan de campagne- alors il faut que nous ayons le temps de tout sortir, de tout dévoiler. Ou alors il faut repousser les élections à septembre, je ne sais pas moi…

Encore des scandales à déterrer

Parce que les Français ont le droit de savoir -et ce n’est qu’un exemple- que François Fillon a perçu la bagatelle de 21 300 euros par mois pendant cinq ans, de 2002 à 2007, soit 1 278 000 euros pour un emploi totalement fictif et imaginaire de Premier ministre sous la présidence d’un certain Sarkozy, qui avait proposé dès 2006 de supprimer cette fonction ! C’est vous dire s’il bossait, ce soi-disant Premier ministre. Que fait le parquet financier ?

Et si ce n’était que cela… 2F Conseil, sa société de conseils n’a déclaré que 750 000 euros de bénéfices au fisc français. Mais à l’étranger ? Fillon refuse de révéler les noms des clients auquel il prodiguait ses précieux conseils. Peut-être parce que leur énumération ferait froid dans le dos. Parmi ceux-ci, on retrouverait Kadhafi, Bettencourt, Fujimori, Cahuzac, Ben Ali, Omar Bongo, et même… Marc Dutroux ! Vous croyez que cette clientèle peu recommandable lui faisait de simples virements sur son compte Crédit Agricole de Sablé-sur-Sarthe ?

La liste est longue !

Mais il y a pire ! À la suite de la canicule de 2003, Fillon débloque 40 millions d’euros de crédit d’urgence…Où sont-ils passés, ces 40 millions, puisque tout le monde était déjà mort ? Et les 24 heures du Mans ? Il suffit de regarder sa combinaison de pilote : Michelin, Peugeot, Bosch, Motorola, Total, Xbox 360, Puma sans oublier l’after-shave Denim. Les mannes sonnantes et trébuchantes de ses sponsors, dans quelle escarcelles sont elles tombées ?

Et les fastueuses vacances de Noël 2012, aux frais de Moubarak ? Et son accident de scooter à Capri, en juillet 2012 ? Pourquoi ne remboursa-t-il jamais le loueur, Guiseppe, bien qu’il ait cassé le rétro ? Et le 9 décembre dernier, au bistrot Chez René, pourquoi est-il parti en courant, omettant de payer la note? Et je pourrais continuer comme cela des heures, des jours entiers…

Fillon, croyez moi, va continuer à déguster et vous, vous n’avez pas fini d’en bouffer !

La Une du Canard enchaîné du mercredi 1er février.
La Une du Canard enchaîné du mercredi 1er février. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)