Si j'étais..., France info

Si j'étais... le pape François

Karl Zéro s'est imaginé dans la peau du pape François.

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Le pape François à Rome, le 15 avril 2017.
Le pape François à Rome, le 15 avril 2017. (TIZIANA FABI / AFP)

Si j’étais le pape François, je ne serais pas en colère, non, je serais furibard, remonté comme une pendule, et je passerais un coup de fil à la Conférence des évêques de France. Je n’emploierais pas la langue de bois, c’est pas trop mon style, et voilà ce que je leur dirais.

Allo, les sans-couilles ? Je vous réveille ? Alors comme ça vous avez décidé… de ne rien décider ? De ne surtout pas prendre parti, hein ? Pour vous, Macron et Le Pen, c’est mitre blanche et blanche mitre ? "Ni patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron", c’est ça ? Vous ne croyez pas que vous avez passé l’âge ?

Vous êtes conscient que pendant que vous ergotez, les autres institutions religieuses françaises, musulmanes et juives, ont appelé les électeurs à barrer la route au Front national ? Comment ça, vous vous en foutez ? Sérieusement, vous imaginez notre seigneur, Jésus, allant voter Le Pen ? Comment ça, oui, et Judas, Macron, parce qu’il aimait l’argent comme Macron ?

Vous vous foutez de moi, j’espère… Attention, hein ! je vais venir à Paris et vous allez dérouiller, bande de nuls ! Ah ben ouais ! on a peur d’un coup, hein ?…Ah ben ouais ! mais fallait y penser avant, les gars !

C'est nul ! On dirait du Pie XII !

J’ai lu vos conseils de vote à l’intention des cathos de France, franchement, je vous le dis, c’est inepte, c’est ce qu’on appelle du grand n’importe quoi ! "L’Eglise catholique n’appelle pas à voter pour l’un ou l’autre candidat mais, en rappelant les enjeux de l’élection, elle souhaite donner à chacun des éléments pour son propre discernement…" On dirait du Pie XII ! Le chancelier Hitler aime les enfants, les animaux et il a une belle moustache donc… il ne peut pas être tout à fait mauvais…

Comment ça c’est pas possible de choisir ? Comment ? Parce que Sens commun soutient Le Pen ? Mais c’est quoi Sens commun ? Ah oui ! Ben, on n’en n’a rien à battre de Sens commun ! Ce sont de pauvre fous, des égarés, ils vivent en l’an 1000 ! Le respect des liens de filiation ? La PMA ? Foutaises ! Mais vous ne croyez pas qu’il y a plus grave, plus urgent comme problèmes, non ? Genre ? Les migrants. Ah bah oui ! les migrants. Voilà. Ils ne vont pas arrêter de venir pour vous faire plaisir… Et je ne crois pas que cette Mme Le Pen soit très ouverte à l’accueil des migrants… Qu’a dit Jésus ? "Aimez-vous les uns les autres", voilà… Oui, oui, j’ai lu votre texte : "La préoccupation des plus pauvres, des personnes âgées, des personnes handicapées et des chômeurs, ou encore l’accueil des réfugiés…" C’est très bien. Mais allez au bout du truc… vous comptez sur qui pour ça ?

En 2002, au moins, c'était clair

En 2002, à ce que je comprend, vous étiez beaucoup moins prudents… Ah si, si ! J’ai là votre communiqué de l’époque : "Dans la période qui s’ouvre, nous devrons tous faire appel à l’intelligence plutôt qu’à l’instinct, au discernement plutôt qu’à la seule spontanéité, à la sérénité plutôt qu’à la peur." Tout est dit. C’était clair, au moins.

Comment ça, le sondage du Pélerin ? 22% de catholiques pour Le Pen et 22% pour Macron ? Eh ben ! il y a des brebis égarées… Et votre rôle, le sens de votre mission c’est ? C’est ? Allo ? Allo  Opératrice ? Repassez-moi la Conférence des évêques de France, on a été coupé… Oh ! je sens que je vais venir les voir pour leur greffer une paire de couilles, moi ! Pardonnez mon langage, Seigneur, mais il y a des limites à la connerie.

Le pape François à Rome, le 15 avril 2017.
Le pape François à Rome, le 15 avril 2017. (TIZIANA FABI / AFP)