Si j'étais ..., France info

Si j'étais... Christiane Taubira

Cela fait désormais plus d'une semaine qu'un conflit social d'ampleur secoue la Guyane. Une journée morte a lieu, mardi 28 mars, au coeur de la grève générale votée par les syndicats. 

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Christiane Taubira le 31 janvier 2017
Christiane Taubira le 31 janvier 2017 (JOEL SAGET / AFP)

Si j’étais Christiane Taubira, je serais bien sûr en Guyane, sur toutes les barricades, aux côtés de mes  "500 Frères" cagoulés qui ont fichu une froussitude bleue à Ségolène Royal. J’exigerais de l’encore Président Hollande que cessent les injustices qui frappent mon  "île", comme l’a si justement défini le petit Macron. Car oui, il a raison, ce Macron, c’est bien une île que ma Guyane, entourée de flots démontés à l’est, et d’orpailleurs sans-dents, brésiliens ou surinamiens, partout ailleurs. Me voilà, frères guyanais, je monte sur cette carcasse fumante de véhicule de police désormais inutile, et j’entame mon discours.

Explication de texte

Je sais, je sens que vous avez soif d’entendre mes paroles ! Ma harangue est extraite de mon dernier ouvrage "Nous habitons la Terre" paru il y a quinze jours aux Editions Doliprane, encore disponible dans quelques librairies, vu qu’il s’est arraché - presqu’autant que les "Si j’étais" de Karl Zéro, c’est vous dire ! - Je sens que mon texte va vous rassasier l’âme, à défaut que la métropole vous nourrissent enfin correctement ! Comme il est dense et un peu ardu, je vais me permettre de vous faire l’explication de texte en même temps. N’y voyez aucun professoralisme de ma part, mais j’entend que tout le monde suive !

Le monde se fait rétif à la compréhension. D'abord objectivement parce qu'il est complexe. Ensuite, parce qu'il y a des enjeux colossaux à tenir pour immuables ses dysfonctionnements.

Christiane Taubira

Oui, je sais, je vous avais prévenu, c’est du lourd, du très lourd. Ca veut dire quoi ? Primo, que le monde est compliqué, et secundo… Moi-même, en me relisant, j’avoue ne pas être bien certaine de ce  que j’ai voulu exprimer… mais il me semble que ça veut dire que  "ça arrange bien les riches qu’il y ait des inégalités".

J’aurais pu le dire aussi simplement, mais dès lors ça aurait été du Hamon, plus du Taubira. Mais continuons, avec ce message d’espoir :

Il est possible, pourtant, de remonter ses fracas, de fouiller ses énigmes, de le forcer à révéler ses promesses puis à les tenir. 

Christiane Taubira 

Là, l’auteur, en l’occurence moi Christiane Taubira, vous indique clairement que oui on peut forcer le monde à tenir ses promesses. Comment ? Oh ce n’est pas la peine de s’énerver, en gueulant : "Monde, tiens tes promesses!" Non. Il faut y aller en douceur car, je me cite : "Le monde est fini, les satellites nous le confirment, les poètes se glissent dans ses plis les plus discrets et resurgissent, éblouissants, pour nous offrir ses secrets d'ombres et de lumières".

Bon là…Quand j’ai écris ça, j’étais bourrée, on s’était terminé au ti’punch avec des amis Kanaks, donc je poursuis ; et c’est là qu’arrive enfin mon message d’espoir.

Les marchands de peur

"Les trafiquants de l'angoisse sont en passe de réussir le casse du siècle. Ils font commerce de la peur, au sens propre du négoce. Ils y parviennent avec une certaine habileté et engrangent un incontestable succès. Qui pourrait les mener loin, dans ces zones où nous risquons les pires turbulences. Si nous les laissons faire."

Je sais, c’est fort. De qui parle-je ? Qui sont donc ces immondes trafiquants qui négocient nos peurs ?  Là encore, des milliers d’érudits, d’intellectuels, s’interrogent à l’heure qu’il est. Des thèses, je le sais, sont en cours de rédaction à ce sujet. Le Collège de  France se penche sur la question. Le Pape fera sans doute une bulle…

Je conçois votre impatience, mais le temps imparti par franceinfo se termine, pour pouvoir propager à nouveau des nouvelles angoissantes !  Pour connaître la suite, reportez vous vite aux 128 pages de mon livre:  "Nous habitons la Terre".

Christiane Taubira le 31 janvier 2017
Christiane Taubira le 31 janvier 2017 (JOEL SAGET / AFP)