Cet article date de plus d'un an.

Fin de vie : la France "fait preuve d'une hypocrisie cruelle" en ne légalisant pas l'aide active à mourir, estime le député Olivier Falorni

Dans le "Journal du dimanche", Line Renaud et le député Olivier Falorni divers gauche défendent le droit à l’euthanasie. Le député et rapporteur général de la proposition de loi sur la fin de vie revient sur cette tribune.

Article rédigé par France Info
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le député Olivier Falorni en compagnie de l'actrice et chanteuse Line Renaud, à l'Assemblée nationale, en septembre 2021. (THOMAS COEX / AFP)

"La France fait preuve d'une hypocrisie coupable et même cruelle" en ne légalisant pas l'aide active à mourir, affirme ce dimanche 21 août sur franceinfo Olivier Falorni. Le député divers gauche de Charente-Maritime, également rapporteur général de la proposition de loi sur la fin de vie, a co-signé une tribune sur le sujet dans le JDD avec l'actrice Line Renaud.

Dans la tribune co-écrite avec Line Renaud, vous affirmez qu'en "refusant jusqu'à présent de légaliser toute aide active à mourir, la France fait preuve d'une grande hypocrisie". Pourquoi ?

Oui, la France fait preuve d'une hypocrisie coupable et même cruelle. Parce qu'aujourd'hui, contrairement à certains de ses voisins comme la Belgique ou l'Espagne, la France continue de faire l'autruche sur un sujet de société majeur qui préoccupe les Français. Malheureusement, chaque famille a été confrontée à des situations d'agonie cruelles, sans espoir de guérison. Et la loi française ne répond pas à cette situation, ce qui est insupportable.

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'était pourtant dit favorable à une évolution vers le système belge ...

Je me réjouis qu'il se soit prononcé très clairement en faveur de cette évolution. La loi belge a plus de 20 ans et plus personne ne la remet en cause. 

"Aujourd'hui, pour mourir de façon apaisée, beaucoup de Français doivent partir à l'étranger ou doivent bénéficier d'une euthanasie clandestine, qui se pratique tous les ans dans le plus grand secret. Et cela n'est pas tolérable".

Olivier Falorni, député divers gauche

à franceinfo

Il existe tout de même la loi Claeys-Leonetti, qui permet aux malades en fin de vie d'arrêter leur traitement et de bénéficier d'une sédation profonde et continue jusqu'au décès ...

Effectivement, la loi Claeys-Leonetti prévoit une sédation profonde et continue, ce qui revient en quelque sorte à plonger le malade dans un coma artificiel. Et finalement, on attend la mort à petit feu. Parce qu'il faut savoir que derrière l'arrêt des traitements, il y a l'arrêt de l'hydratation et de la nutrition. Et quand vous arrêtez de nourrir et d'hydrater quelqu'un, vous le tuez par définition. Sauf que vous le faites mourir en lui infligeant une agonie parfois interminable. On ne peut plus l'accepter.

Quelles limites faut-il poser à cette aide active à mourir ?

C'est tout l'objet de la loi, qui est là pour protéger. Dans le texte que je propose, c'est la volonté du malade seule qui décide, selon des critères strictement établis. Il faut être atteint d'une maladie grave et incurable, sans espoir de guérison. C'est une loi de liberté, une loi de dignité respectueuse de l'être humain. Et je souhaite évidemment qu'elle puisse être inscrite au Parlement le plus rapidement possible.

Pensez-vous que les Français sont prêts pour cette évolution de société ?

J'en suis convaincu. Toutes les enquêtes d'opinion le montrent, au-delà des catégories d'âge, socio-professionnelles ou des questions religieuses.

"Neuf Français sur dix disent qu'ils sont favorables au droit à l'aide active à mourir, c'est-à-dire qu'ils souhaitent pouvoir maîtriser leur destin lorsque l'espoir de guérison s'est envolé".

Olivier Falorni, député divers gauche

à franceinfo

C'est aujourd'hui une question majeure de société, et les Français ne peuvent plus attendre.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.