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Le Cubain errant

Avec une phrase il a tout résumé : "Mon problème, c'est que j'aime tout dans cette chienne de vie". Et quelle vie !

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Les
premières photos en Colombie puis au Guatemala . Plus tard il expliquera : "Je
me suis enfermé avec des tonnes de livres et j'ai appris, après je suis allé
sur le terrain
".

Très vite
on le remarque. Il reçoit même un prix aux Etats-Unis . On le félicite pour la
lumière. Il répond : "C'était celle des phares d'une Jeep ".

Déjà son
paradis, c'est le monde hispanique. Cuba où il est né, l'Espagne où il passe une
partie de son enfance, Porto Rico aussi et donc l'Amérique du Sud . Nous sommes
dans les années 50.

Puis New
York
, avant le retour à La Havane . 1958, il travaille pour Life et très vite il
va partager la fièvre de la révolution.

C'est
véritablement "Cuba con amor" pour reprendre le titre de l'un des
chapitres de ce livre.

Timide,
mais audacieux et surtout sensible, voilà comment le décrit l'un de ses proches
avec ce souvenir : tous les soirs, seul dans sa chambre,  il lisait quelques poèmes de Rimbaud.

Les
portraits cubains qu'il nous a laissés traduisent bien cette émotion. Hemingway
dans son bureau ou au casino, Batista le dictateur mais aussi la rue, les
boxeurs, les passionnés d'automobile et un certain Juan Manuel Fangio .

Puis la
révolution est là mais Jesse A. Fernández très vite prend ses distances avec
Castro et préfère retrouver New York .

Pourtant à
travers toutes ces somptueuses images, en noir et blanc, on comprend
bien que jusqu'au dernier jour il est resté à jamais "un Cubain errant".

Jesse A. Fernández ,
un très beau livre aux Editions Filigranes "Tours et détours ", et une
exposition à la Maison de l'Amérique Latine à Paris .

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