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Doisneau, tout là-haut !

La première fois, il n'a que 23 ans. Une cousine invite Robert Doisneau et sa jeune épouse Pierrette à passer quelques jours à Megève.

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Copié dans le presse-papier !
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Même si des
Jeux olympiques ont déjà eu lieu en 1924 à Chamonix, ceux qui ont la chance de
passer quelques jours à la montagne restent de véritables privilégiés. Ce sont des
vacances de luxe
. On peut même
dire que c'est un rêve pour tous les autres alors que les congés payés n'existent
pas encore. Il faudra attendre quelques mois plus tard, la victoire du Front Populaire.

Le rêve d'un
petit garçon qui s'appelle Michel
. C'est la première photo du livre . Le gamin
dort avec ses skis dans les bras. Tout est dit. Beaucoup de
bonheur également dans les images qui suivent. Un tire-fesses. Une chute dans un grand
éclat de rire. La fenêtre de la chambre du chalet avec au loin les cimes. Et
Pierrette, très élégante avec une paire de lunettes de soleil qui la font plutôt
ressembler à un coureur automobile.

Dix ans
plus tard
, après l'apocalypse de la deuxième guerre mondiale, direction le
Tyrol
dans une Autriche qui veut oublier tous ses malheurs. Mais en
fait rien n'a changé depuis une décennie. Tout est resté exactement comme
avant. La montagne
était chic, elle commence à devenir très lentement populaire. ****

Robert Doisneau joint l'utile à
l'agréable
. Des photos de mode pour le magazine Vogue mais aussi des publicités
pour les voitures. Une Simca Aronde au Col de l'Izoard et même son copain
Maurice Baquet.

1947 c'est
la découverte de Saint-Véran
, tout là-haut. Le village déjà à l'époque affirme
qu'il est le plus haut d'Europe. C'est un
monde figé. L'instituteur est en même temps menuisier, dans les chalets on vit
avec les poules et les animaux.1956 les vacances à Laffrey en Isère. On achète ses cartes
postales et ses souvenirs chez Mademoiselle Gagnière, une mercerie qui semble avoir un siècle. En 1958 du
Var au Mercantour il nous fait vivre une transhumance digne de Giono.

Doisneau
avec ses photos, Giono avec ses mots
. Les deux nous ont laissé de très beaux
cadeaux. Robert
Doisneau on le sent profondément, a aimé la montagne. Comme l'a dit Jacques
Prévert : "avec un humour fraternel et sans aucun complexe de
supériorité
".

Les Alpes
de Doisneau
est publié par Glénat.

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