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Questions autour du succès de la page Facebook de soutien au bijoutier de Nice

C'est le mystère numérique du moment : plus d'1,5 million de "j'aime" en quelques jours sur la page Facebook de soutien au bijoutier de Nice qui a tué un braqueur. Un chiffre record qui alimente la polémique sur cette affaire tout en soulevant pas mal de questions techniques.

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On a franchi hier soir la barre du million et demi de "like ",
les fameux "j'aime", sur la page Facebook de soutien au bijoutier
de Nice. Un record. Le chiffre a grimpé tellement vite qu'il y avait en effet de
quoi se poser des questions.

Achat de "j'aime" ?

Des questions car très vite un site spécialisé dans l'analyse
de ce genre de données, Socialbakers, a montré qu'une grande majorité des
fameux " j'aime " ne provenait pas de France mais de l'étranger et, plus
précisément, de petits pays non-identifiés. De quoi penser que les auteurs de
la page Facebook auraient pu acheter des " j'aime " pour gonfler
artificiellement leur compteur comme cela peut se faire sur Internet.

Bref, de quoi alimenter la polémique sur le sujet sensible
de l'autodéfense et de la justice privée.

...pas si sûr

Le problème, c'est que rien ne prouve qu'il s'agisse bien de
"like" achetés. D'abord, parce que cela coûterait assez cher, environ
15 000 euros, ou alors dans ce cas, comme le pensent certains, c'est bien un
mouvement organisé qui se cacherait derrière cette page Facebook – d'aucuns y
voient la main de l'extrême-droite.

Et puis différents éléments ne plaident pas non plus en
faveur du "fake", de la supercherie. D'abord, les messages de
soutien en plus des "j'aime" sont assez nombreux sur la page.
Ensuite, les profils des signataires, autant qu'on peut en juger, semblent bien
réels. Il n'est pas possible de consulter la liste de tous ceux qui ont cliqué mais,
quand on est connecté à Facebook, on peut voir qui parmi ses amis a participé. Il
faut d'ailleurs préciser que l'on est sur Facebook et pas dans un bureau de
vote pour un référendum sur l'autodéfense : le clic sur "j'aime"
part souvent plus vite que l'éclair, juste parce que l'on est interpellé par
une histoire sans forcément accréditer une thèse ou une autre.

Enfin, l'auteur de la page a publié de nombreux messages
dont des extraits de ses propres statistiques montrant que les clics viendraient
bien majoritairement de France et pas d'ailleurs. En fin de soirée hier, l'analyse
du site spécialisé Socialbakers avait changé et allait dans le même sens.

Bref, on peut peut-être imaginer un scénario mixte, tout
simplement, mariant un peu d'achat de "j'aime" et ensuite un effet boule
de neige accéléré par la couverture médiatique conduisant au fameux chiffre
spectaculaire. 

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