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Pourquoi la RATP défend jalousement ses données face à Citymapper

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La RATP menace de limiter l’accès de ses données à l’application Citymapper qui permet de connaître avec précision les horaires de passage des bus et des métros. Derrière cette affaire se cache la problématique de "l’open data".
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Radio France
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 (Logo RATP © Maxppp)

Trafic en temps réel

Citymapper est une application bien pratique qui permet de planifier un itinéraire pour se rendre d’un point à un autre en combinant tous les moyens de transports (métro, bus, tram et même vélo, VTC et marche à pied). La force de l’application est de tenir compte du trafic en temps réel. Citymapper est disponible dans une trentaine de villes. Elle a été primée à New York et à Tokyo. A Paris, le service fonctionne actuellement mais la RATP menace de couper l’accès aux données en temps réel (travaux, incidents, grèves, etc.). Citymapper a lancé une pétition.  

RATP peu partageuse

La RATP a toujours été très jalouse de ses données. Il faut dire qu’elle propose ses propres applis mobiles (mais qui ne prend pas en compte tous les moyens de transports, ce qui est donc moins intéressant pour l’usager). Cependant, considérer la RATP comme une méchante qui ne joue pas le jeu serait un peu rapide. Elle évoque notamment des difficultés informatiques. Ses serveurs auraient déjà rencontré des problèmes de saturation à cause de Citymapper.

Open data

On est au cœur de ce que l’on appelle la problématique de l’Open Data, c'est-à-dire le libre accès aux données publiques. Selon la loi d’Emmanuel Macron et Axelle Lemaire, tous les organismes publics devront laisser l’accès libre aux données d’intérêt général à la fin de l’année. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Pour certains organismes publics c’est un vrai changement culturel. En plus, tout cela a un coût. Du coup, la loi prévoit une possible participation financière en cas de requêtes massives.

Guerre de lobbying

Ce conflit ressemble un peu à une guerre de lobbying de part et d’autre avec, en toile de fonds, la crainte d’un organisme jusque là en situation de monopole de se faire un jour ubériser. Une affaire similaire a déjà eu lieu à Londres entre Uber et la régie des transports britannique. La bataille pour les données numériques, que l’on présente comme  "l’or du 21ème siècle", ne fait que commencer. 

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