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Panama Papers n'aurait pas été possible sans la technologie

Comme lors des précédentes révélations du même genre, les journalistes d'investigation ont utilisé des outils numériques dernier cri pour mener à bien leur enquête sur Panama Papers.

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(Des outils sécurisés. Illustration © Fotolia)

Une fois encore, c’est une formidable machinerie informatique qui s’est mise en place dans l’affaire Panama Papers. Depuis Wikileaks, les journalistes d’investigation utilisent les outils numériques pour deux choses : communiquer entre eux de manière sécurisée, et analyser les données.

Communications ultra-protégées

Pour communiquer entre eux, ils utilisent des outils de spécifiques proposés par l’ICIJ, le Consortium international des journalistes d’investigation, basé à Washington, qui centralise toutes les informations : e-mails chiffrés avec l’algorithme PGP, visio-conférence protégée, forum de discussion "bunkerisé". Il faut aussi de "bonnes pratiques dans la mesure du possible" , explique la journaliste française Cécile Schilis-Gallego, membre du Consortium. Par exemple, à la rédaction du Monde, une salle est dédiée à l’affaire Panama Papers avec Wifi sécurisé, clés USB chiffrées et accès au système réservé seulement à certaines personnes. Selon Cécile Schilis-Gallego, il y a vraiment une "culture de travail propre à ce data journalisme".

1500 fois Wikileaks

Les Panama Papers représentent 2,6 téraoctets de données. Une somme d’informations énorme ! C’est l’équivalent de 90 films Blu Ray (90 x 30 Go env.), 1500 fois plus que Wikileaks (1.7 Go), sous forme de documents numérisés (PDF), fichiers PowerPoint ou encore près de 5 millions d’e-mails correspondant à des conversations entre interlocuteurs panaméens et personnes mises en cause, qui sont souvent plus révélateurs que les documents officiels.

Des outils améliorés

Les informations révélées par la mystérieuse source (dont l’identité n’a pas été révélée aux journalistes eux-mêmes) représentent un matériau brut qu’il faut encore analyser, raffiner comme une matière première. C’est là qu’entrent en jeu les outils d’analyse. "Ces outils ont été améliorés depuis Swissleaks en 2015" , explique encore Cécile Schilis-Gallego. La plateforme de l’ICIJ dispose d’un moteur de recherche, une sorte de Google, pour naviguer dans les documents.

Cependant, faire des recherches manuelles est très fastidieux. Pour savoir si des personnalités françaises sont concernées, les journalistes du monde ont donc entré les noms de tous les parlementaires et ils ont demandé à la machine de comparer avec les contenus des fichiers. L’ICIJ a aussi développé un outil de visualisation, "big picture", qui affiche les connexions entre chaque société ou chaque personne. Comme le dit le président de l’ICIJ dans la vidéo ci-dessous : "La technologie a transformé le journalisme d’investigation" .

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(Des outils sécurisés. Illustration © Fotolia)