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Nouveau monde. Facebook : après Cambridge Analytica, voici l’affaire Huawei

Facebook est à nouveau à l'origine d'un scandale. Le réseau social est maintenant accusé d’avoir communiqué des informations personnelles à des fabricants chinois de téléphones mobiles. La marque Huawei serait visée.

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Panneau publicitaire à Menlo Park (Californie).
Panneau publicitaire à Menlo Park (Californie). (JOSH EDELSON / AFP)

Facebook est à nouveau dans l’œil du cyclone. Après la fuite de données de 87 millions d’utilisateurs au profit de Cambridge Analytica, le réseau social est maintenant accusé d’avoir communiqué des informations personnelles à des fabricants chinois de téléphones mobiles, dont le géant Huawei. 

En 2007, Facebook a signé des accords avec une soixantaine de fabricants de smartphones dont Apple, Microsoft ou Amazon mais aussi quatre marques chinoises : Huawei, Lenovo, Oppo et TCL. À l’époque, l’application mobile Facebook n’était pas très développée et ces accords permettaient aux fabricants de donner accès malgré tout au réseau social par d’autres moyens. Par exemple : Huawei avait développé sa propre application permettant aux utilisateurs de se connecter à plusieurs réseaux, dont Facebook. Conséquence : des données utilisateurs ont été transmises à ces constructeurs, telles que le statut marital, les opinions politiques (à condition qu’elles aient été indiquées par l’utilisateur), l’orientation religieuse ou encore la participation à des fêtes ou des événements.

Huawei dans le collimateur

Huawei, troisième constructeur mondial de smartphones, est dans le collimateur américain. L'armée américaine soupçonne cette marque d’être très proche du pouvoir de Pékin et même de faire du cyber-espionnage à l’aide de logiciels espions cachés dans ses serveurs informatiques. Huawei a plusieurs fois démenti. N’empêche, les élus américains du Congrès viennent de se saisir de l’affaire. Ils craignent que les autorités chinoises aient pu avoir accès aux données personnelles de citoyens américains. Des sénateurs crient au scandale et estiment que Mark Zuckerberg doit revenir s’expliquer devant le Congrès, comme il l’a fait en avril dernier à propos de Cambridge Analytica.

Pas de dérapage, selon Facebook 

Facebook affirme que, à sa connaissance, il n’y a pas eu d’abus en matière de vie privée. Sur le plan technique, les informations partagées n’étaient pas sur les serveurs de Huawei, dit Facebook, mais elles étaient stockées seulement à l’intérieur de la mémoire des téléphones. Sur le plan commercial, Facebook indique avoir dénoncé la moitié des accords passés avec des constructeurs. Et promet de couper les ponts la semaine prochaine avec le constructeur chinois Huawei.  

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Panneau publicitaire à Menlo Park (Californie). (JOSH EDELSON / AFP)