CES 2022 : les Français préparent leur retour à Las Vegas

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Le CES, le plus grand salon au monde dédié à l’innovation, sera de retour à Las Vegas, sauf surprise, du 5 au 8 janvier prochain, avec de vrais stands et des exposants en chair et en os. Les Français se dirigent visiblement vers un retour gagnant, malgré les incertitudes liées au Covid-19.

Article rédigé par
Benjamin Vincent - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Eric Carreel, président-fondateur de Withings, dans son bureau d'Issy-les-Moulineaux, avec quelques-uns des trophées "Innovation Awards" du CES gagnés depuis 2015. (BENJAMIN VINCENT / FRANCEINFO)

Nous avons une attente très forte pour les produits que nous allons lancer : capter la réaction à ces annonces et mesurer l'enthousiasme. Un CES réussi peut changer le destin d'une entreprise

Eric Carreel, fondateur de Withings

à franceinfo

Janvier, c'est quasiment demain, en tout cas à l'échelle du CES, le salon démesuré qui investit Las Vegas, aux États-Unis, chaque année, début janvier. En début d'année, le Consumer Electronics 2021 a fait le dos rond, pandémie oblige, se contentant d'une édition 100% virtuelle qui lui a retiré beaucoup de sa saveur. Du 5 au 8 janvier 2022, à la faveur de la vaccination qui gagne du terrain et du virus qui semble reculer, l'événement devrait donc reprendre ses marques dans le Nevada avec de vrais stands et de vrais visiteurs, tout en conservant le bénéfice du virtuel pour celles et ceux qui ne pourront pas faire le déplacement. Et les Français ?

Le CES, c’est un peu les Jeux Olympiques de l’innovation. Et au tableau des médailles, la France s’annonce très bien placée dans deux mois. Chaque année, le Consumer Electronics Show attribue des récompenses - les Innovation Awards du CES - qui représentent un enjeu marketing important pour les marques. Gary Shapiro, l’organisateur du CES de Las Vegas, était à Paris cette semaine et il a levé, pour nous, un coin du voile : au CES 2022, “la France est le pays d’Europe qui va remporter le plus grand nombre de trophées de l’innovation. C’est dire l’importance de l’innovation à la française“.

Nous avons une attente très forte pour les produits que nous allons lancer : capter la réaction à ces annonces et mesurer l'enthousiasme. Un CES réussi peut changer le destin d'une entreprise

Eric Carreel, fondateur de Withings

à franceinfo

Le fondateur de la marque française Withings connait la valeur de ces récompenses. Depuis 2015, Eric Carreel en a décroché au moins une, chaque année au CES, avec ses objets connectés orientés santé et bien-être. Dire qu'il y a 10 ans, Withings qui n'était qu'une start-up à l'époque, présentait son 1er pèse-personne connecté sur un coin de table au CES. Dans deux mois, Eric Carreel enverra près de 25 collaborateurs à Las Vegas pour accompagner des annonces qu’il prépare, pour certaines, depuis deux ans : “ce qui est assez formidable avec le CES, c’est que c’est un événement mondial. La plupart du temps, quand on a l'idée d'un produit en tête, on se dit souvent : le lancement, ce sera au CES. Quand on fait une annonce, si elle est bien préparée, si elle a un sens pour le public et pour les éventuels acheteurs, elle est très relayée. Et donc, nous avons une attente très, très forte pour les produits que nous allons lancer : capter la réaction à ces annonces et mesurer l'enthousiasme. Un CES réussi peut changer le destin d'une entreprise".

L'une des conditions pour un CES réussi, c’est donc de s’y préparer et de ne pas s'y mettre la veille du départ mais au moins six mois à l’avance, disent ceux qui ont l'habitude. Il faut aussi caler ses rendez-vous avec les meilleurs interlocuteurs sans attendre d'arriver sur place : chaque visiteur du CES participe, en moyenne, à 33 rendez-vous sur les quatre jours que dure le salon.

Xavier Dalloz, consultant et président de Xavier Dalloz Consultant, accompagne des entreprises du CAC40 au CES depuis 20 ans. Selon lui, l’événement mérite une préparation digne d’un sportif de haut niveau de la part des grandes entreprises comme des start-up : “aller au CES, les mains dans les poches, ça ne sert à rien. Aussi bizarre que ça puisse paraître, la France se présente très mal au CES si on se compare aux Pays-Bas, Israël ou à Singapour qui donnent le sentiment d'une unité réelle. Les Français sont chacun dans leur coin et c'est une erreur“.

Quand on va au CES, on serre la main à un marché qui pèse 6.000 milliards de dollars, soit plus de deux fois le PIB de la France

Xavier Dalloz consultant et président

à franceinfo

Et pourtant, l'enjeu est énorme : “La France est assise sur un tas d’or. On a les ingénieurs, on a la recherche et développement. Et les Français sont bons, avec des choses à montrer. Il faut apprendre à travailler ensemble et à chasser en meute. Mais la base est là, et c'est ce qui fait que je suis très confiant“.

Et il y aura un coup à jouer dans deux mois, avec la quasi-absence des Chinois, empêchés par la quarantaine liée au Covid-19 et avec l’apparition de nouvelles catégories dans lesquelles la France possède des atouts : la santé, le spatial, l’alimentation et les NFT, autrement dit les objets numériques virtuels. Des nouveautés qui attireront sans doute de nouveaux visiteurs. Mais suffiront-ils à rivaliser avec la fréquentation du CES 2020, sachant que le nombre d'exposants risque d'être divisé par trois ? Il y a deux ans, le salon de Las Vegas avait attiré 171.268 visiteurs dont environ 10.000 Français (estimation).

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