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"On a participé à nourrir la population pour éviter une crise alimentaire" : la colère gronde chez les agriculteurs, menacés par une baisse des prix du lait

Le leader mondial Lactalis, qui anticipe les effets de la crise et prévoit une baisse des prix du lait versés aux éleveurs, suscite la colère des agriculteurs, très mobilisés pendant la crise du coronavirus. 

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Un éleveur de bétail continue de travailler pendant la période confinement, massif de la Chartreuse, mai 2020.
Un éleveur de bétail continue de travailler pendant la période confinement, massif de la Chartreuse, mai 2020. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Révoltant, honteux"... Guillaume Canet ne mâche pas ses mots sur les réseaux sociaux. Sa cible, c’est Lactalis. L’acteur, grand défenseur du monde agricole, s’insurge contre l’attitude du leader mondial des produits laitiers installé à Laval. Lactalis, qui anticipe les effets de la crise et prévoit une baisse des prix du lait versés aux éleveurs. Ces derniers craignent donc de payer l’addition."On a participé à nourrir la population pour qu'il n'y ait pas de crise alimentaire, explique Franck Guehennec, porte-parole du groupement des producteurs de lait de Lactalis, au micro de France Bleu Mayenne. Aujourd'hui, on nous ferait payer le fait qu'on n'a pas arrêté de travailler pour nourrir la population, ce n'est pas acceptable. Il faut au moins un juste retour au producteur."

"Votre alimentation commence ici"

Il n’y a pas qu’en Mayenne que le ton monte. Dans la Marne aussi, 260 banderoles ont fait leur apparition au bord des routes avec ce message : "Votre alimentation commence ici". Une opération menée par un syndicat, la FDSEA, et les jeunes agriculteurs de la Marne. Pour remettre l’agriculture au cœur de la relance, il faut saisir l’opportunité, estime Hervé Lapie, le patron de la FDSEA de la Marne, au micro de France Bleu Champagne. "Quand notre président de la République nous parle de 'souverainté alimentaire', il s'est bien rendu compte que ça fait 10 ans que nous, on est sur 'n'importons pas l'alimentation que nous ne voulons pas', déclare Hervé Lapie. On a l'impression que le discours est en train de changer parce qu'il a enfin compris qu'il fallait assurer cette souveraineté alimentaire et relocaliser une partie de l'industrie."

Relancer le projet d'une ligne Bordeaux-Lyon

Dans le Lot, à Figeac, le combat est ferroviaire. La société Raïcoop veut profiter de la prochaine ouverture à la concurrence prévue par la SNCF en décembre pour relancer un projet : une ligne entre Bordeaux et Lyon qui passe par Périgueux, fermée depuis 6 ans, mais qui a beaucoup de potentiel, à en croire le directeur général de Railcoop, Nicolas Debaisieux, au micro de France Bleu Périgord : "80% du potentiel de marché qu'on va capter sur le Bordeaux-Lyon viendra de gens qui prennent aujourd'hui la voiture, le reste des voyages en autocar. Très peu proviennent du train", précise Nicolas Debaisieux. Et si le projet est validé, la ligne ne devrait pas ouvrir avant l'été 2022. Mais pas de grande vitesse, il faudra compter près de 7 heures pour relier Bordeaux à Lyon en passant par Périgueux, Limoges, Guéret, Montluçon ou encore Roanne. 

Un éleveur de bétail continue de travailler pendant la période confinement, massif de la Chartreuse, mai 2020.
Un éleveur de bétail continue de travailler pendant la période confinement, massif de la Chartreuse, mai 2020. (VINCENT ISORE / MAXPPP)