Modes de vie, France info

Provoquer sa chance. On peut y croire...

Peut-on croire à la chance ? On le peut mais ce n'est pas gagné d'avance car cela pour cela, il faut admettre une part d'irrationnel dans nos existences et l'on ne peut pas dire que notre époque ni notre culture y soient propices. On aime croire à la chance, même en ayant l'esprit rationnel, voire scientifiques, on a envie d'y croire. Pourquoi ?

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Force est de constater que tout ce qui nous arrive n'est pas
parfaitement saisissable par la raison, qu'il y a des coïncidences troublantes,
de l'extraordinaire dans certaines rencontres, ou de la sérendipité – l'art de
faire une découverte formidable quand on cherchait tout autre chose. Alors
comment comprendre ces événements ? Comment les intégrer ?

En les
attribuant à une puissance qui nous dépasserait, en leur trouvant une raison
d'être, une explication, malgré tout. Parler de chance, ou, encore plus, de
destin, c'est donc, d'une certaine façon, renoncer au hasard, à l'ignorance, au
vide. On retrouve un peu sa place et sa puissance dans ce champ de
hasards : c'est rassurant, cela redonne confiance, explique Anne-Laure Gannac, de Psychologies magazine .

Se considérer chanceux

C'est affaire de représentation de soi et de son existence. Cela
n'a pas grand chose à voir avec la réalité des faits, mais plus avec son
estime de soi et son optimisme. Vous pouvez rencontrer des gens qui ont vécu
des drames mais qui s'estimeront chanceux, quand d'autres, a priori bien lotis,
se diront frappés par la malchance. Ces différences subjectives, un psychologue
américain, Bernard Weiner les a expliquées à partir de sa "théorie de
l'attribution" : selon que l'on attribue ses réussites à des causes
internes ou à des causes externes, on sera plus ou moins portés à la
responsabilisation, ou au contraire, à la passivité́ et à la superstition.

Provoquer la chance

Dans le dossier de Psychologies magazine le psychologue français
Philippe Gabilliet donne quatre pistes pour provoquer sa chance : d'abord
il s'agit de clarifier son intention. On est d'autant plus ouvert à
l'opportunité, apte à la recevoir, que l'on a une intention, une visée à
l'esprit.
Ensuite, c'est favoriser une posture d'ouverture et de disponibilité́
maximale à ce qui se passe autour de soi. Vous remarquerez que souvent ce
qu'on qualifie de malchance est le fait de maladresse ou d'inattention.
Inversement, en ayant une attitude globale de vigilance et d'éveil on a plus de
chances de saisir les opportunités.
Puis, savoir recycler ses malchances.
Personne n'est épargné par les ennuis, seulement certains plutôt que de rester
pris dans leur colère, leur ressentiment ou leur tristesse, en profiteront pour
rapidement s'interroger, relativiser et tirer d'éventuelles chances dans leur
malchance.
Enfin, être un porte-chance. Logiquement, plus on connaît de gens
plus la probabilité est grande de rencontrer des opportunités favorables –
quelles qu'elles soient. Mais ensuite, qu'il ne s'agit pas seulement d'être
dans un pur esprit intéressé de "réseautage". Les interactions sont
fructueuses dès lors qu'elles sont portées par une énergie de don, d'entraide.

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