Modes de vie, France info

L’univers de la beauté est-il enfin en train de devenir multicolore ?

Dans l’imaginaire collectif, les défilés, les couvertures de magazines, la belle femme était forcément occidentale, et avait la peau blanche. Mais depuis le début des années 2000, les choses changent.

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 Des femmes noires, asiatiques ou d’origine magrébine, commencent à être choisie par les marques pour les représenter. Cette année, l’actrice Lupita Nyong'o est devenue la première égérie noire de Lancôme. Depuis une dizaine d’années, l’Oréal n’a pas hésité à faire appel à des égéries issues de différentes origines ethniques pour promouvoir ses produits : Noémie Lenoir, Rachida Brakni, Leila Bekti ont toutes été sollicitées par cette entreprise pour incarner une vision multiraciale de la beauté.

Ce changement est du à une prise de conscience du manque de diversité des canons de beauté et surtout au fait que les marques de cosmétiques ciblent aujourd’hui une clientèle internationale. La plupart de ces marques ne réalisent plus qu’un tiers de leurs ventes dans les pays dit occidentaux, et elles ont donc le plus grand intérêt à s’intéresser aux consommatrices  asiatiques, mais aussi aux femmes d’Afrique ou d’Amérique Latine.

Pour séduire ces nouvelles consommatrices, les marques ont développé des produits spécifiques, comme des fonds de teint adaptés à des peaux brunes ou noires et ont, en toute logique, commencé à recruter des égéries aux peaux brunes ou noires pour vanter les mérites de leurs produits.

Une question d’argent et de cible marketing

Lorsque l’on observe les défilés, on voit qu’il y a très très peu de mannequins noirs encore moins de modèles d’origine maghrébine. Par contre, il y a de plus en plus d’asiatiques parce qu’aujourd’hui il faut être blanche ou asiatique pour avoir les moyens de s’offrir de la haute couture. Même si c’est assez déprimant, on ne sera pas forcément obligé d’attendre que toute l’Afrique puisse s’habiller en Chanel pour que la situation évolue.

La diversité c’est aussi une question de choix politique et d’exemplarité. D’ailleurs le CSA s’est rendu compte, que depuis qu’il a instauré un baromètre de la mesure de la diversité en 2009, celle-ci est en progression constante à la télé française. Comme si le simple fait d’afficher une volonté politique, de montrer l’exemple ou de se dire que cette question de la diversité est une vraie question, suffisait à la faire progresser dans les faits.

Des femmes nous ressemblent

Les femmes sont nombreuses à se construire via l’identification à des modèles. Voir une femme noire sociologue sur un plateau de télé, c’est se dire, quand on est soi-même noire de peau, et qu’on a dix ans, que oui, on peut un jour devenir sociologue parce qu’on sait qu’une autre femme, qui nous ressemble, un peu, l’a fait. C’est exactement ce qu’a dit Lupito Yn’go, dans une interview au début de l’année. Lorsqu’elle était enfant, elle se pensait moche, parce qu’elle n’avait jamais vu de mannequin noire et puis un jour, elle a en vue une à la télé, et elle s’est dit : "On peut être belle en étant noire ". D’où l’importance, cruciale, de l’exemplarité. 

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