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Les réactions autour de la confession d'Angelina Jolie

Il y a quelques jours en Une du New York Times, Angelina Jolie confiait avoir subi une double mastectomie en prévention d'un risque très élevé de cancer du sein. Les réactions n'ont pas manqué sur internet, sur Twitter, et dans les médias, souvent extrêmes, des plus outragées au plus admiratives. Comment comprendre cet emballement ?

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C'est tout d'abord la manifestation de notre ignorance en la
matière, explique Anne-Laure Gannac, de Psychologies Magazine. Quand la
connaissance rationnelle, en l'occurrence médicale, fait défaut, c'est par les
émotions que l'on réagit exclusivement.

Si certains trouvent le texte dérangeant, il faut malgré
tout reconnaître que l'actrice a fait preuve de courage. Il faut un sacré
courage, d'abord pour choisir de subir cette opération à titre préventif,
ensuite pour en parler au monde entier. Une démarche qui force l'admiration. Mais
pour pouvoir ressentir cette admiration, il faut déjà avoir fait un pas dans la
rationalisation, ou du moins dans la mise à distance de ses premières réactions
émotionnelles. L'admiration vient après ; et puis elle n'empêche pas
l'embarras, le malaise qui, je crois, peuvent s'imposer à la découverte de ce
texte.

Qu'est-ce qui provoque cette gêne ?

Il y a une certaine impudeur, vu de chez nous en tout cas.
En France, nous ne sommes pas habitués à ce type de révélations aussi
personnelles, intimes. Cela peut nous semble impudique non pas tant parce
qu'elle parle de sa famille mais dans la description détaillée de
l'opération. On peut difficilement aller plus loin dans l'exposition de soi, même
si, évidemment, il s'agit d'être réaliste, et juste. Il n'empêche que cela peut
mettre mal à l'aise.

Donner de l'espoir

Ce qui semble aussi expliquer l'emballement de ces derniers
jours pour cette tribune c'est le fait que l'actrice y annonce que tout ce à
quoi l'on aspire aujourd'hui, nos fantasmes contemporains -et atemporels
d'ailleurs!- sont à portée de main. Mais aussi le rêve que la science peut
tout, que la maladie, la souffrance et la décrépitude peuvent être éradiquées,
et que le risque 0 existe enfin, ou presque.

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