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L’autorité de la concurrence à la rescousse des consommateurs

Chargée de veiller au respect des règles de la concurrence, l’Autorité de la concurrence multiplie les condamnations pour ententes ou abus de position dominante. Dernier en date dans son collimateur : les constructeurs automobiles. Les pratiques des constructeurs sont également pointées du doigt par Que Choisir, car préjudiciables aux consommateurs. Quelles sont ces pratiques que vous dénoncez ?

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Le rapport que vient de rendre public la semaine dernière
l’Autorité de la concurrence rejoint les conclusions des enquêtes de Que
Choisir
 : les constructeurs automobiles jouissent en France d’une
situation de monopole sur le marché de l’entretien et de la réparation. Ce qui
se traduit pour les consommateurs par des prix prohibitifs.

Dans le budget annuel de l’automobiliste, l’entretien pèse
aujourd’hui plus que le poste achat de carburants ou le coût d’achat du
véhicule. Et les prix n’ont cessé de flamber ces dernières années.

En dix ans, les prix de l’entretien et de la réparation
automobile ont grimpé de 32 %, deux fois plus vite que l’inflation. La France est le seul pays où les pièces détachées
automobiles ont augmenté ces dix dernières années alors qu’elles ont baissé ou
sont restées stables chez nos voisins européens. Elles sont par exemple 30 à 35
% moins chères en Belgique, en Allemagne ou en Espagne.

Une hausse qui s'explique par le monopole des constructeurs sur les pièces détachées de carrosserie : pare-chocs, capots,
ailes, rétroviseurs, portières, etc... Ce monopole est le résultat d’une vieille
réglementation relative au droit de propriété sur les dessins et les modèles.
En clair, le constructeur est propriétaire de la forme de la voiture.

Le garagiste est "libre" pour
les pièces qualifiées d’"invisibles", c’est-à-dire les plaquettes
de frein, les amortisseurs, les pots d’échappement et autres, où là les prix peuvent être
différents d’un garage à l’autre.

Aujourd’hui, les véhicules sont de plus en plus sophistiqués
et font de plus en plus appel à l’électronique. Fini le mécano qui était
capable de démonter un moteur les yeux fermés. Aujourd’hui, dans les garages,
vous avez affaire à de véritables techniciens assistés de mallettes de
diagnostics de pannes et de réparation. Avec des logiciels qu’il faut
régulièrement mettre à jour pour être à niveau de la technicité.

Or, à Que Choisir comme l’Autorité de la concurrence , nous
avons constaté que les constructeurs ne mettaient pas le même empressement à
doter de ces mallettes et logiciels leurs concessionnaires, servis en priorité,
que les garagistes indépendants.

Sur les pièces de rechange, les constructeurs ont aussi
pris l’habitude de préconiser un prix de vente maximal. Et sur des milliers de
pièces, ce sont ces prix de vente qui sont appliqués d’office par tous les
réparateurs. Ce qui ne contribue pas à faire baisser les prix.

Outre les constructeurs automobiles, l’Autorité de la
concurrence ne chôme pas. Depuis quelques temps, on a l’impression que c’est
haro sur les ententes illicites. A l’automne 2011, elle a infligé
de lourdes amendes aux lessiviers. Les fabricants de Skip, Ariel, Le Chat, Omo,
Super-Croix, Vizir, Gama, etc... s’étaient entendus pendant sept ans sur le dos des
consommateurs pour fixer les prix de leurs lessives, qu’elles soient en poudre
ou en liquide.

Condamnation aussi des fabricants de farine, des producteurs
d’endives, des fabricants de croquettes pour chien et chats. Il n’est pas
impossible que pareille sanction soit infligée dans les jours qui viennent aux
industriels du lait pour, là encore, s’être entendus sur les prix des yaourts
et autres fromages frais.

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