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Diane Ducret : "J'aurais rêvé d'une enfance ennuyeuse, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer"

L'auteure Diane Ducret est l'invité de "Mise à jour" de Jean-Mathieu Pernin à l'occasion de son nouveau roman, La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, publié chez Flammarion. Un roman fortement inspiré son histoire personnelle, semée d'embûches.

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Diane Ducret, en 2015.
Diane Ducret, en 2015. (JOEL SAGET / AFP)

L'auteure Diane Ducret sort son nouveau livre, un roman intitulé La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose et publié chez Flammarion. Elle a préféré un avatar plutôt que de parler d'elle à la première personne. "Je raconte des histoires romanesques. Enaïde, c'est Diane en miroir,  mon prénom, mais c'est mon double romanesque. C'est un peu comme le double qu'on a tous peut-être à l'intérieur de soi. Un double qui vit une autre vie que la nôtre, parfois un peu plus belle, parfois un peu plus chevaleresque, un peu plus amoureuse, érotique aussi."

L'enchaînement invraisemblable de malheurs

Dans le cas de son roman, ce double, "c'est une héroïne catastrophe". "C'est la loi d'Enaïde, s'amuse Diane Ducret. On connait la loi de Murphy [connue comme 'la loi de l'emmerdement maximum'] : la tartine tombe toujours du côté de la confiture. Avec moi c'est différent : la tartine tombe côté confiture, sur le pantalon blanc, finit sur les chaussures neuves... Attirée par l'odeur du sucre, une abeille arrive et vous pique, vous faites une réaction allergique, l'ambulance qui vous emmène à l'hôpital a un accident avec une voiture, conduite par votre ex, et sur le siège passager, sa nouvelle compagne est sublime, sympa, enceinte et plus jeune."

"C'est ça, l'emmerdement maximum, résume Diane Ducret, et c'est un peu ce qui m'est arrivé. L'histoire d'une jeune fille abandonnée par ses parents, qui quitte son pays et qui se trouve adoptée par des gens plus âgés, qui va pratiquer un sport et avoir un accident. Elle va rencontrer une personne violente, qui va connaître la drogue, les années 90, des symptômes de stress post-traumatiques, des désordres alimentaires... A chaque étape de sa vie, on a l'impression que le pire arrive, mais elle se relève toujours, sur une patte, un peu comme un flamant rose."

"J'aurais rêvé d'une enfance ennuyeuse. Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. La vie m'a poussée à d'autres choses notamment à combattre le handicap. Le titre, c'est tout simplement parce que j'ai boité pendant de nombreuses années sur une jambe".

S'il pouvait faire une mise à jour, qu'est-ce que Diane Ducret aimerait changer ? Elle confie qu'il y a "beaucoup de choses" qu'elle aurait voulu changer, avant d'ajouter qu'elle aspire à plus de recul. "Je pense que la chose que je voudrais comprendre plus tôt, avant l'âge de 35 ans, c'est de vouloir arrêter de vouloir changer les choses. Arrêter de toujours vouloir me comparer et me désoler lorsque je regarde la vie des autres, qui me semblait si simple et si facile, alors que la mienne semblait être faite de difficultés et de malheurs quotidiens."

Diane Ducret, en 2015.
Diane Ducret, en 2015. (JOEL SAGET / AFP)