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Micro européen. Croatie : Covid, tremblements de terre et crise économique

Un petit pays des Balkans en mauvaise passe… 

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Des habitants nettoient les décombres de bâtiments endommagés à Petrinja, à environ 50 km de Zagreb, après que la ville a été frappée par un tremblement de terre de magnitude 6,4 le 29 décembre 2020. L\'un des plus forts tremblements de terre à secouer la Croatie ces derniers temps ans. 
Des habitants nettoient les décombres de bâtiments endommagés à Petrinja, à environ 50 km de Zagreb, après que la ville a été frappée par un tremblement de terre de magnitude 6,4 le 29 décembre 2020. L'un des plus forts tremblements de terre à secouer la Croatie ces derniers temps ans.  (DAMIR SENCAR / AFP)

Ce pays de 4,076 millions d’habitants est une république, Republika Hrvatska, état indépendant depuis 1991 et membre de l’Union européenne depuis le 1er juillet 2013. Le président de la République est Zoran Milanović, leader du parti social-démocrate SDP, le Premier ministre, Andrej Plenković, est le chef du parti conservateur HDZ, le parti conservateur du fondateur de la république croate, Franjo Tuđman.

La Croatie n’est pas un régime présidentiel, c’est le Premier ministre conservateur qui gouverne.Touchée comme les autres états par le Covid-19, pour 303 598 cas de Covid confirmés, la pandémie a provoqué 6 486 décès, soit 1 588 décès par million d’habitants (source worldometers.info).    

Crise et désarroi   

La Croatie, fortement touchée par la crise économique, a connu l’exode de 300 000 Croates dont beaucoup de jeunes face aux difficultés économiques que connaît ce pays, et une très forte corruption. Le secteur porteur pour la Croatie est le tourisme, car ce pays de l’Adriatique possède un littoral magnifique, et un terroir de grande valeur, et si le tourisme croate est le seul secteur échappant à la récession, le tourisme croate est encore sous-dimensionné comparé à l’Italie ou la Grèce.  

Par ailleurs le tourisme en Croatie est un tourisme de masse dégradant l’environnement et étiolant la qualité de vie sur les côtes croates. L’épidémie de Covid-19 a fortement impacté l’économie croate, et concernant le secteur du tourisme, la saison 2020 a été catastrophique, et la saison 2021 ne s’annonce pas sous les meilleurs hospices. Enfin, malheureusement, deux tremblements de terre ont touché ce pays en l’espace de 6 mois.    

Séismes en Croatie   

Quand Zagreb était la capitale du royaume de Croatie-Slavonie dans l’empire austro-hongrois, la ville fut gravement endommagée par un tremblement de terre le 9 novembre 1880, d’une magnitude de 6,3 détruisant une partie de la ville. Elle fut reconstruite et embellie grâce à la puissance de l’empire des Habsbourg.   En 2020, le premier séisme, en pleine pandémie, a touché la Croatie le 22 mars 2020, à Zagreb, de magnitude de 5,3 ; 66 bâtiments ont été affectés dont la cathédrale Saint-Stéphane, un séisme ayant fait une victime, une jeune fille ensevelie, une personne grièvement blessée et 16 personnes blessées.  

Le second séisme s’est déroulé le 29 décembre dernier, d’une magnitude de 6,4 dans la région Moslavina au centre du pays, ressenti à Zagreb, affaiblissant les bâtiments de la capitale, déjà ébranlés par le tremblement de terre du 22 mars 2020. Ces deux tremblements de terre ont généré de nombreux sans-logis. Et depuis, 931 secousses ont été ressenties à 40 kilomètres de la capitale.   

Le dernier événement concernant Zagreb fut le décès de son maire, Milan Bandić, le 28 février 2021, la succession étant ouverte, l’élection se déroulera en même temps que les élections locales et régionales, le 16 mai prochain.   

La troisième voie   

Deux partis dominent la politique croate, à savoir les sociaux-démocrates, le SDP, et les conservateurs nationalistes, le HDZ. Le HDZ a la préférence des campagnes, quand le SPD est plutôt le parti des villes. Un nouveau parti était apparu dernièrement, celui de l’artiste et homme d’affaires Miroslav Škoro, Domovinski Pokret, soit le Mouvement patriotique croate, un parti très nationaliste. On ne peut dire aujourd’hui que ce parti ait disparu, il est plutôt très discret dorénavant. Toutefois, comme l’a cité notre invité, l’ancien journaliste et diplomate, Mirko Galić, une troisième voie est peut-être possible en Croatie surtout concernant la mairie de Zagreb, avec une nouvelle formation politique dite de "gauche moderne" soit non-communiste, Možemo ce qui signifie "Nous pouvons", peut-être inspiré par le "Yes we can" de Barack Obama.  

La "tête pensante" de ce parti, Bojan Glavašević, ancien député et universitaire, n’est pas un inconnu. Il est le fils d’un reporter de guerre célèbre, Siniša Glavašević, tué par les paramilitaires serbes à la bataille de Vukovar le 20 novembre 1991. Bojan Glavašević est plutôt un homme discret, ce sera Tomislav Tomašević le candidat à l’élection de la mairie de Zagreb.  

Pandémie et tremblements de terre seront des facteurs importants pour ces prochaines élections de mai 2020, car l’ambiance croate est plutôt morose pour une population n’ayant que peu d’espoir dans l’avenir actuel. Et comme l’a précisé notre invité, remporter la mairie de Zagreb, c’est quelque part marcher vers la gouvernance du pays. Mai 2020 sera peut-être le début d’un printemps croate…     

Des habitants nettoient les décombres de bâtiments endommagés à Petrinja, à environ 50 km de Zagreb, après que la ville a été frappée par un tremblement de terre de magnitude 6,4 le 29 décembre 2020. L\'un des plus forts tremblements de terre à secouer la Croatie ces derniers temps ans. 
Des habitants nettoient les décombres de bâtiments endommagés à Petrinja, à environ 50 km de Zagreb, après que la ville a été frappée par un tremblement de terre de magnitude 6,4 le 29 décembre 2020. L'un des plus forts tremblements de terre à secouer la Croatie ces derniers temps ans.  (DAMIR SENCAR / AFP)