"Mars, la nouvelle odyssée : au-delà de la planète rouge" (3/6) : voir loin, observer de près

De tout temps, les Hommes ont observé le ciel et découvert, au fur et à mesure des instruments à leur disposition, les planètes du système solaire. Des observations qui se poursuivent aujourd’hui depuis le sol mais aussi dans l'espace. Avec François Forget, planétologue et directeur de recherche au CNRS.
Article rédigé par Pauline Pennanec'h, Olivier Emond
Radio France
Publié
Temps de lecture : 21 min
Image de la nébuleuse planétaire de l’anneau austral (NGC 3132) prise par le nouveau télescope James Webb et publiée le 12 juillet 2022. (NASA / ESA / CSA / STSCL)

En 1610, l'astronome italien Galileo Galilei utilise une longue vue pour regarder les autres planètes. Il observe alors que des étoiles tournent autour de Jupiter : Io, Europe, Ganymède, Callisto. "Il s'est rendu compte que ces petites lunes tournaient autour de Jupiter et c'était extrêmement frappant, il voyait un mini système, et pour lui, c'était vraiment un choc", raconte le planétologue François Forget, directeur de recherche au CNRS. Les satellites galiléens marquent "le début retentissant" de l'exploration du système solaire.

"Il a vraiment fallu l'exploration spatiale pour découvrir ce qu'étaient ces mondes-là en particulier, puis tout ce qui s'est passé au-delà de Mars, à partir de Jupiter, estime le planétologue. Mais on peut ajouter aussi que depuis, l'astronomie, s'est rattrapée, l'astronomie télescopique avec des télescopes, des observatoires sur terre et avec d'autres méthodes modernes. Là, on arrive à faire de la vraie science, de la véritable exploration."

Observations au sol puis dans l'espace

Des observations au sol, qui se sont donc poursuivies au fil des décennies dans l'espace grâce à des sondes envoyées au plus près de ces corps célestes pour nous en révéler l’aspect, l’histoire et la composition. La sonde New Horizons de l'agence spatiale américaine (NASA) a été lancée en 2006 et a voyagé pendant près de dix ans dans l'espace, avant de survoler Pluton et ses lunes en 2015. "C'est un exemple typique, reconnaît François Forget qui a travaillé sur le projet de la Nasa. Tout ce qu'on avait déduit depuis la Terre, avec ces différentes méthodes de l'astrophysique moderne, a été relativement bien confirmé. Par contre, quand la sonde a survolé Pluton, on a découvert, visuellement, un monde détaillé où on a vu des montagnes magnifiques sculptées par des glaciers d'azote, des grandes dunes de méthane et une atmosphère riche en brume éclairée par le soleil, etc. C'était magnifique, scientifiquement passionnant, et c'était beaucoup plus surprenant que ce qu'on avait pu obtenir avant. Mais ce qu'on avait obtenu avant, ce n'était pas faux."

Olivier Emond et François Forget reviennent aussi sur les télescopes spatiaux, comme le James Webb, parti à 1,5 million de kilomètres de la Terre pour observer le ciel.


"Mars, la nouvelle odyssée : au-delà de la planète rouge", un podcast franceinfo d'Olivier Emond, en partenariat avec la Cité de l'espace, à retrouver sur le site de franceinfo, l'application Radio France et plusieurs autres plateformes comme Apple podcasts, Podcast Addict, Spotify, ou Deezer.  

Réalisation : Clotilde Pivin

Coordination : Pauline Pennanec'h

Prise de son : Julien Girard  

Mixage : Raphäel Rasson  

Création sonore : Bruno Carpentier, Hervé Bouley

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